24 juillet 2009

La périodicité de « Décryptages » est passée bi-mensuelle depuis le début juillet. Prochaine parution prévue le 17 août après une petite trêve estivale. Faites-nous part de vos suggestions et remarques soit par vos commentaires à chaud, soit par vos mails à  jacqueshemon@gmail.com


Payez ce que vous voulez…

24 juillet 2009
 

 

La formule marketing "Payez ce que vous voulez" aura permis au site BrandAlley de recruter début mai 5000 nouveaux clients !

La formule marketing "Payez ce que vous voulez" aura permis au site BrandAlley de recruter début mai 5000 nouveaux clients !

 

Le fait

On se souvient de l’initiative de RadioHead qui en 2007 adopta la technique du PWYW (Pay what You Want – payez ce que vous voulez) pour le lancement de son dernier album en téléchargement. Des pubs et restaurants londoniens surfant sur la crise économique ont fait la Une de nombreux journaux au cours de l’hiver dernier en invitant les clients à de ne donner que ce qu’ils estimaient correspondre à la prestation reçue. Depuis, cette méthode de marketing et de communication très atypique s’est développée dans d’autres domaines (conseil juridique, restaurants, hôtellerie, services…) y compris dans la vente de biens sur Internet. Le site Brandalley a joué cette carte le 6 mai dernier en mettant en vente 10 000 articles de prêt-à-porter selon ce principe. Constatant que les internautes n’avaient pas joué le jeu, le site n’a pas souhaité renouveler l’expérience… mais celle-ci lui aura permis toutefois de recruter 5 000 nouveaux clients !

Le décryptage

S’appuyant sur un réel besoin de répondre aux difficultés des clients face à la crise, la formule « payez ce que vous voulez » est une stratégie marketing de rupture qui affiche plusieurs messages positifs :

– message d’attention : le prestataire/commerçant s’inscrit dans une stratégie de crise signifiant qu’il est attentif aux difficultés de ses clients, sans le délaisser au moment où il gère et arbitre au plus juste.

– message de confiance : le prestataire se met dans une situation de dépendance vis-à-vis de son client, défi qu’il relève par la confiance qu’il lui accorde, grâce à la sérénité que lui confère son professionnalisme et son expérience.

– message d’empathie sociale : en mettant une prestation à la disposition de toutes les bourses, sans avoir recours aux sempiternels soldes ou remises exceptionnelles.

C’est surtout une stratégie de communication qui favorise le buzz sur Internet et dans la vie locale afin de recruter une nouvelle clientèle.

En outre, avoir une offre de service à un prix fixé par le demandeur pose la véritable question de la valeur perçue d’un service. Question centrale que l’étude Ipsos de 2007 avait mis en avant pour les photographes portraitistes…

Et vous, pensez-vous qu’une démarche « Payez ce que vous voulez » puisse être tentée dans le cadre d’une activité de prise de vue ?  N’hésitez pas à nous faire part de vos remarques !


La plate-forme Micro 4/3 arrive !

24 juillet 2009

logo-micro-four-thirds

Le fait

Avec l’arrivée des Panasonic G1 puis GH1 et plus récemment du très attendu Olympus Pen E-P1, l’industrie photo se met en position de bataille pour créer la nouvelle plate-forme Micro 4/3 dont le principal atout est d’installer une norme (préparée par l’annonce du format 4/3 à la photokina 2002 par Kodak et Olympus) pour le développement de dispositifs de prise de vue encore plus miniatures et performants (rappelons que le système Micro 4/3 propose une surface de capteur 40 % inférieure (225 mm² soit 17,3 x 13 mm contre 370 mm² soit 23,6 x 15,7 mm pour le format APS-C), mais surtout, le tirage optique a été divisé par deux (20 mm au lieu de 40) permettant de réduire d’autant l’épaisseur des appareils moyennant la suppression du miroir de visée reflex.

Le décryptage

La création d’une nouvelle famille d’appareils photo est en marche. Elle vise à créer les conditions de développement de systèmes de prise de vue modulaires non propriétaire (comme c’est le cas aujourd’hui pour les appareils reflex). Cette arrivée s’impose sur un marché mondial qu’il faut revivifier et pour lequel une norme optimisera à la fois l’industrialisation, la miniaturisation et la communication. L’hybridation photo/vidéo entre dans la danse au passage, venant ouvrir le marché photo aux usages vidéo (la conception sans miroir des appareils Micro 4/3 favorisant la capture simultanée en photo et vidéo). Le format remet en selle l’atout miniaturisation sans restriction à la qualité d’image (nous promet-on), tout en autorisant la modularité. Entre les compacts et les reflex, le format Micro 4/3 devrait donc se faire une place comme « une troisième voie pour la photographie » comme l’exprime Julien Sauvagnagues, directeur de la division photo d’Olympus France  sur le site photobusiness.fr (lire l’interview en cliquant ici).

La communication décline les nouveaux atouts du Micro 4/3 selon l’ADN des marques : si le GH1 semble vouloir symboliser l’innovation chez Panasonic, le Pen E-P1 s’inscrit  dans la continuité chez Olympus (ce que la très belle publicité exprime avec émotion – en cliquant ici).


“Make A Picture” par Getty Images

24 juillet 2009

 logo-GettyImages

Le fait

Getty Images poursuit ses efforts de décryptage des tendances visuelles mondiales en publiant plusieurs fois par an des études qu’elle commercialise sur son site. Après « 10 choses simples à propos de la Simplicité » publié par Getty Images début mai dont le compte rendu peut encore être lu sur le site Influencia (cliquez ici) à travers une synthèse rédigée par Isabelle Musnik  et « Etre soi » dont deux extraits MAP1 (en anglais) peuvent être téléchargés en cliquant ici (puis sélectionnez le lien en bas de l’écran), l’été voit la publication d’une nouvelle étude Mini-MAP*2 sous le titre « Aspiration environnementale ».

(*) MAP = Make A Picture

Le décryptage

Depuis ses origines Getty Images appuie son leadership sur l’étude des tendances visuelles émergentes dans le monde entier. Le recueil systématique d’avis de leaders d’opinion (artistes, directeurs artistiques, photographes, sociologues, philosophes, experts …) constitue le laboratoire de R&D du leader mondial du marché de l’image. Cette réflexion en profondeur lui permet d’avoir une longueur d’avance sur la demande visuelle de demain, et de fournir à ses photographes des clés afin qu’ils puissent produire en fonction des aspirations futures du public. Ces cahiers de tendances baptisés  « MAP Report » (Make A Picture) propose — selon Getty Images — « une analyse profonde et unique de tout ce qui façonne notre langage visuel. Il se fait l’écho des tendances qui vont modeler les formes que prendra demain la communication de masse et il démontre avec finesse les concepts qui transforment les cultures de notre monde ».

Les rédacteurs de  « Aspiration environnementale » insistent sans surprise sur la montée des préoccupations écologiques, mais mettent en garde les photographes et publicitaires sur les risques d’un rejet d’une iconographie écologiquement trop simpliste, propagandiste ou opportuniste. Les deux extraits à télécharger font le point sur quelques tendances : « les nouveaux mythes », « les messages simples », « la vigilance », « les repères visuels », « l’espace vide de l’écologie » et le « retour chez soi ». A consulter en téléchargeant les PDF (en français) par les liens présents sur la page accessible ici.


Sites communautaires des marques

9 juillet 2009

Logo NClubNikon copie

Logo Canon IG copie

logo ilovelumix copie

Le fait

Avec MyN’Club pour Nikon, Image Gateway pour Canon et ilovelumix.fr pour Panasonic les fabricants débutent une offensive de charme vers les internautes possesseurs d’un appareil photo (ou d’un caméscope).  Outre leur engagement auprès de réseaux sociaux les plus populaires, ceux-ci mettent l’accent sur les bénéfices de leurs sites respectifs, signe de l’importance qu’ils leur accordent désormais. Centrés sur le partage de contenus personnels et d’expériences, les orientations communautaires s’affirment comme centrales.

Le décryptage

Après la création de groupes sur facebook et twitter, il est temps pour les marques photo de créer des liens directs avec les utilisateurs de leurs produits dans un espace d’échange maîtrisé. Parmi les services qu’une marque est en mesure d’apporter aux passionnés de photographie, la reconnaissance du talent et la visibilité s’ajoutent à l’attrait du partage au sein d’une communauté. C’est ce que Nikon développe avec son club MyN’Club où l’amateur (possesseur ou non d’un produit Nikon) trouvera des informations de qualité sur la technologie Nikon et des tutoriaux pour mieux utiliser son appareil. C’est également ce que le nouveau site Canon Image Gateway propose, mais cette fois aux seuls propriétaires de d’appareils photo et de caméscopes Canon. La marque offre la possibilité de créer une chaîne Podcast vidéo gratuitement pour le partage facile de vidéos (grâce au service d’iTunes). La montée des sites communautaires des marques ne font que débuter, soyons-en persuadés, car les marques n’ignorent pas que l’individuation* des comportements ne signifie pas individualisme, ce que la formule « do it yourself mais avec les autres » rappelait dans les tendances du « Lift 2009 » de la semaine dernière (à relire plus bas).

(*) Ce qui différencie un individu d’un autre.


Prolifération des « DR »

9 juillet 2009

Logo DR copie

Le fait

Le groupe de travail Images & Libertés* poursuit son travail avec les sénateurs. La rencontre du 26 juin 2009 avec Marie-Christine Blandin (sénatrice Vert du Nord) était consacrée aux droits d’auteur. Ce dossier bien maîtrisé par la sénatrice aura permis un échange très fructueux autour d’une proposition de lutte contre l’usage abusif de la mention « droits réservés »  (photos créditées « DR ») dont la prolifération se renforce dans la presse et l’édition. Les chiffres cités par les participants sont stupéfiants : de 20 à 25 % des photos publiées dans les hebdomadaires nationaux récents sont signées « DR », sans compter les photos créditées illégalement du seul nom de l’entreprise ou de celui de l’agence ! Un livre blanc publié en 2008 par le syndicat national des auteurs et diffuseurs d’images (à télécharger sur le site www.snadi.org) faisait l’hypothèse que le manque à gagner lié à cet usage abusif du « DR »  pouvait s’élever sur huit titres majeurs de presse française à 11 millions d’euros pour la seule année 2007. Or les NMPP en diffusait cette année là quelque 2 700 !

(*) Groupe de travail constitué à la demande des sénateurs Philippe Marini et Michèle André suite à l’inquiétude suscitée par l’installation à marche forcée de dispositifs de photographie d’identité biométrie dans les mairies. Ce groupe est composé de représentants des organisations professionnelles (dont Laurence Veisenbacher du GNPP), de société d’auteurs, de juristes et de journalistes (dont je fais partie).

Le décryptage

La lutte engagée par les organisations professionnelles sera dure : en effet la défense du droit d’auteur en photographie se heurte à de nombreux obstacles que la mondialisation des échanges et le développement d’une économie de l’immatériel multiplient.

Des politiques peu « regardants » : le poids économique des groupes de presse et leur proximité avec le pouvoir laissent peu d’espoir de voir les politiques prendre la défense des photographes. Les deux milliards de subventions à la presse écrite ne pouvant être réévalués au moment où celle-ci lutte pour sa survie, fermer les yeux sur les usages abusifs des « droits réservés » s’apparente à une aide qui ne dit pas son nom.

Pragmatisme économique : les entreprises de presse recherchent les économies, donc idéalement la gratuité des photos. Après la signature de forfaits exclusifs avec des agences comme GettyImages, les  iconographes à leur corps défendant se doivent de compléter les « blancs» en puisant dans les fonds gratuits (grandes entreprises, services de presse, comités départementaux et régionaux du tourisme…). La prise de risques des éditeurs n’est pas négligeable (droit à l’image…), mais finalement acceptés en regard des économies réalisées.

Optimisation financière sur les droits : en optant pour le droit anglo-saxon les entreprises multinationales se soustraient facilement aux contraintes de la loi française sur les droits d’auteur. Nombre d’agences de communication traitent ainsi l’achat d’art à Londres ou New-York…

Peopolisation des photographes : photographes de modes et paparazzi ont la faveur des écrans, tandis que la forte couverture médiatique des quelques grands auteurs occulte aux yeux du grand public le quotidien de la grande majorité des photographes  professionnels. Comme pour la musique, les paillettes du show business n’incite pas les citoyens à prendre fait et cause pour les photographes.

Contribution des amateurs : la presse incite les lecteurs à produire des images, pas seulement par économie mais afin de relayer des événements non couverts par les professionnels. Statistiquement, les événement impromptus ont plus de chance d’être couverts par un amateur. Le 25 juin, le  site 20minutes.fr se félicitait de renforcer sa dimension participative en partenariat avec le site citizenside.com.

Culture du libre : le succès des logiciels libres et la libre circulation des connaissances et de l’information via l’Internet donne à la gratuité des vertus que les économistes célèbrent. Dans ce contexte le droit d’auteur est jugé comme un frein à l’innovation et les Creatives Commons (licences libres) montrées en exemple. Cette dérégulation profite aux opérateurs et aux acteurs de l’Internet donc à terme à tous les fournisseurs de contenus, avec le bénéfice avancé d’une culture partagée par tous.

Ces tendances interrogent toutes les règles du jeu économique dans lequel le modèle du droit d’auteur s’inscrit. Plus qu’inciter à la résignation face aux abus, elles obligent tous les auteurs professionnels à se donner une nouvelle vision afin de rebondir sur les leviers de croissance qui se présentent à eux tout en préservant ce qui peut l’être encore. Et sans tomber dans le piège du tout législatif  dont la loi Hadopi montre clairement les limites.


Livrer des photos géolocalisées

9 juillet 2009

PhotoFinderMini

Le fait

Présenté à l’automne 2008, l’ATP Photo Finder Mini est une solution de géolocalisation maintenant disponible en France (130 euros). L’équipement se compose d’une base portative avec lecteur de carte multiformat et d’un récepteur GPS à emporter en prise de vue. Une fois les cartes pleines, il suffit de les insérer dans le lecteur qui se charge de renseigner pour chaque photo présente, les champs exif par les indications de latitude et longitude recueillies par le récepteur. Seule limitation, cette opération ne peut être réalisée que sur des fichiers  jpeg.

Le décryptage

Les données de géolocalisation permettant d’exploiter les images sur Google Maps, GoogleEarth ou Panoramio peuvent constituer un atout concurrentiel déterminant (ou de simple différenciation) pour vos clients professionnels. Si les choses vont encore doucement en photographie amateur (faute de GPS intégré dans les appareils) dans l’univers professionnel, une photo est une masse de données visuelles qui doit s’intégrer dans le système d’information de l’entreprise sans coût supplémentaire. La géolocalisation est à ce titre un service  « Plus » qui transmet une image innovante de l’entreprise qui le délivre.