Fête de famille européenne

24 janvier 2011

Cette année, le GNPP accueille à Lyon le 2ème congrès européen FEP : une occasion exceptionnelle pour les photographes français membres du groupement de recueillir l'énergie et les bonnes idées pour relever les défis professionnels de la nouvelle décennie.

Le fait

A douze  jours de l’ouverture du 17ème congrès du GNPP — jumelé cette année avec le 2ème Congrès FEP* qui réunira l’ensemble des composantes des organisations professionnelles européennes— quelques 300 photographes membres du GNPP se déplaceront pour assister à l’événement.  En dépit de la barrière de la langue (mais toutes les conférences seront traduites en français !), ils échangeront avec plusieurs centaines de professionnels venus de toute l’Europe pour imaginer l’évolution de leur métier sur les dix prochaines années.

Le décryptage

Pour les 400 membres du GNPP qui ont pris la décision de ne pas venir, pour des questions de planning ou de difficultés financières, le handicap n’est pas tant de ne pas vibrer aux propos des grands photographes qui se déplaceront pour transmettre leur enthousiasme, que de reprendre confiance au contact de leurs homologues qui obéissent au même contraintes de marché et qui ont su trouver une voie commerciale vertueuse pour se développer. Nombre de professionnels qui réussissent aujourd’hui peuvent témoigner de ce découragement temporaire face à une concurrence durcie, où le sentiment de déclassement professionnel se partage à celui de décalage vis-à-vis des attentes des clients. Dans ces situations, le repli est une erreur et source de rancœur. Venez partager vos doutes et vos hésitations. Accueillez les idées que vous aimez et qui vous semblent vite applicables. Et après trois jours, voyez votre activité sous un nouveau jour.

(*) FEP : Federation of European Professional Photographers (du 6 au 8 février 2011 à  la cité des Congrès à Lyon).

Il n’est pas encore trop tard pour s’inscrire :   http://www.fepcongress2011.eu/

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Emotion augmentée

21 janvier 2011

Effet vintage instantané sur iphone 4 grâce à Camera+ : singulariser les photos au plus près de l'instant de prise de vue avant leur partage est une façon d'augmenter l'efficacité sociale de l'échange. © Ronan Guennou 2010.

Le fait

L’univers des applications photo constitue une source de profits et de trafic pour le monde de la téléphonie à travers les logiciels (gratuits et payants) proposés en téléchargement sur les app stores, qu’il soient dédiés au monde Apple (App Store d’Apple), Android (Android Market de Google et Amazon Appstore), BlackBerry (Black Berry World), Nokia (OVI Store), Palm (Palm App Catalog) et enfin Windows (Windows MarketPlace). Le mouvement va s’accélérer avec la montée en puissance des smartphotones sous Android  (remettant en cause le monopole de l’iphone) et l’évolution des performances des capteurs installées sur les mobiles, mais également les capacités d’amélioration d’images par des logiciels comme ceux que DXOLabs intègre dans nombre de  mobiles commercialisés.

Le décryptage

L’exposition aux images est devenue telle que celles qui émergent doivent faire montre d’une efficacité visuelle supérieure aux autres. Lorsqu’on parle d’efficacité visuelle dans le monde des échanges à distance via Internet, on parle d’efficacité émotionnelle : une photo doit susciter de l’émotion pour être socialement efficace ! Nous entrons donc dans un univers que connaissent bien les photographes professionnels qui créent de la valeur ajoutée selon deux modalités : la singularité de leur regard, et la mise en œuvre technique qui permet de conformer les photographies qu’ils produisent à leur désir. Pour les amateurs qui n’ont ni la compétence, ni le temps, ni les idées, les filtres et autres artifices numériques sont autant de solutions faciles pour créer une  « émotion augmentée », auxquels les interlocuteurs sont sensibles. Qu’il s’agissent de créer un effet polaroid, de coloriser, de renforcer les contrastes,  de vieillir artificiellement une photo, de lisser le visage ou encore de créer un vignetage de sténopé…   il s’agit de séduire, raffiner le traitement visuel, s’écarter des normes communes pour susciter la réaction et le commentaire, bref réenchanter la relation par l’originalité des photographies partagées. Une démarche qui n’est pas sans rappeler celle que le professionnel doit adopter pour réussir commercialement.


71 milliards de photos partagées sur Facebook

21 janvier 2011

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Le fait

Au rythme de l’activité de ce début d’année et en considérant que celle-ci reste stable (ce qui sera loin d’être le cas !), 71 milliards de photos seront téléchargées en 2011 sur Facebook dans le monde. Si l’on fait l’hypothèse que la France représente 5 % de ce trafic (avec 18 millions de membres), ce sont plus de 3,5 milliards de photos qui seront donc partagées cette année entre les Français via le n°1 des réseaux sociaux (sans parler des autres sites de partage). Ce chiffre représente le nombre de tirages produits par l’ensemble des solutions de photofaçonnage en France en 2001, année du record de volume de production française.

Les chiffres qui concernent l’activité de Facebook par minute (voir la vidéo ci-dessus publiée sur le site du Times), sont très impressionnants :

– 135 849 photos téléchargées

– 66 168 photos taguées

– 50 304 liens partagés

– 66 168 photos taguées

– 74 204 invitations à des événements

– 79 364 publications sur les murs

– 82 557 statuts mis à jour

– 98 604 demandes d’amis

– 231 605 messages postés

– 382 861 « J’aime » envoyés

– 510 404 commentaires

Le décryptage

Nous sommes entrés dans un univers de conversation en images dont le développement exponentiel est porté par l’efficacité sociale de la photographie … et le phénomène ne semble que débuter, après que Facebook ait défrayé la chronique en mai 2010 en passant devant google en termes de pages vues !

Ces chiffres confirment que ce canal d’échanges (les réseaux sociaux dans leur ensemble et pas seulement Facebook), qui se nourrit de commentaires brefs et de photographies spontanées,  renforce le dynamisme du marché des appareils photo dans le monde, et en France en particuliers (avec +5 % en volume en 2010 selon GfK).  Si les images proviennent majoritairement des mobiles — ainsi le iphone est de loin le premier équipement utilisé pour alimenter le site flickr  pourtant dédié aux amateurs de « belles » photographies — , le désir des internautes de renforcer l’efficacité émotionnelle des images partagées, met les appareils photo à l’abri d’un déclassement rapide.


Retour aux sources

21 janvier 2011

Pour 19,80 euros, un appareil/pot de peinture pour un voyage aux origines de la photographie, sans pixel ni ordinateur.

Le fait

Conrad Shop, le magasin parisien de décoration de luxe, commercialise depuis cet hiver un appareil sténopé constitué d’une boite métallique (genre pot de peinture) percée d’un trou de 0,5 mm de diamètre. Vendu moins de 20 euros, « l’appareil »  qu’il suffit de charger d’une feuille de papier argentique indique sur son flanc les temps de pose recommandés pour une exposition parfaite des images.

Le décryptage

Lorsque la complexité des dispositifs numériques ne permet plus de prendre conscience de ce qui est en jeu dans l’acte de prise de vue, il est utile de convoquer les dispositifs ancestraux qui permettent de revenir aux sources d’une activité. Pour 19,80 euros (certes le prix prête à sourire pour un pot de peinture vide !) il n’y a meilleur dispositif pédagogique pour transmettre aux enfants les rudiments de l’art photographique (des nombreux photographes chérissent cette approche minimaliste de la photo au sténopé) : obturateur, objectif, sensibilité, temps d’exposition, profondeur de champ, traitement… toutes les notions sont physiquement abordables, permettant d’initier, de transmettre une expérience décalée mais aussi de fasciner un jeune public qui n’a jamais connu d’autre alternative au numérique. Le succès des stages, ateliers, workshops animés par les photographes procède de la même demande des amateurs de comprendre, expérimenter, s’améliorer…


Neuf préconisations aux photographes professionnels pour 2011

4 janvier 2011

Meilleurs vœux à tous pour cette nouvelle année !

Je vous remercie de l’intérêt que vous portez au contenu de  “Décryptages” — blog d’information destiné aux membres du GNPP (Groupement national de la photographie professionnel) — et vous invite à réagir aux informations qui y seront publiées deux fois par mois tout au long de l’année 2011… Pour rompre avec le rituel éditorial des tendances de l’année, découvrez sa variante en neuf préconisations autour d’idées porteuses. Très bonne année ! Jacques Hémon


1/ S’appuyer sur les réseaux sociaux

4 janvier 2011

Représentation des connections internationales de Facebook. La présence sur les réseaux sociaux devient un enjeu capital de mise en relation avec la clientèle pour les photographes professionnels (cliquez sur la carte pour la télécharger en haute résolution (3,8 Mb)

Le monde devient social — sous-entendu passe par les réseaux sociaux—.  La planisphère réalisée par Paul Butler (salarié de Facebook) qui symbolise les relations internationale entre les membres du réseau social rend cette affirmation irréfutable. Si les deux principaux concurrents de Facebook .vkontakte.ru en Russie et .com.cn en Chine étaient également visualisés sur cette mappemonde, c’est l’ensemble de la planète qui s’illuminerait … (sauf l’Afrique). Les réseaux sociaux rayonnent donc sur toutes les activités humaines  ce que démontre la présentation « The World has gone Social » de Christian Hernandez (Responsable Business développement de Facebook Europe) reprise en français par Clément Vouillon sur son blog clementvouillon.com : qu’il s’agisse de commerce, de télévision ou encore de relation de proximité, les recommandations passeront par les réseaux sociaux qui depuis 2010 sont associés à la géolocalisation. Fin 2010, un internaute sur deux dans le monde est membre de Facebook, et ce seul site compte 18 millions de membres actifs en France dont 61 % se connectent chaque jour. Dans ces conditions, il est inimaginable pour le photographe professionnel de ne pas développer une stratégie adaptée. Pour en savoir plus sur le sujet capital du Personal Branding, nous ne saurions trop vous conseiller la lecture du blog de Fadhila Brahimi, l’une des meilleures spécialistes françaises de cette question (en cliquant ici).


2/ Développer une compétence plurimédia

4 janvier 2011

L'iPad restera le produit de rupture de l'année 2010. Il préfigure la mutation du marché de l'information et donc les besoins auxquels les photographes auront à répondre dans un futur proche (Photo © Flipboard)

La production photographique s’inscrira toujours plus dans une sphère plurimédia. La décennie passée a vu la transformation de la norme de visualisation au profit des écrans, ce qui impose de penser la photographie sans tirage (pour une part de l’activité professionnelle). La mutation est bouleversante pour beaucoup, mais son déni n’y changera rien. La réorganisation de la production multimédia autour d’équipes pluridisciplinaire fait son chemin en France avec des pionniers cent fois cités (comme Samuel Bollendorf, Narrative, Territoires de fiction…)  mais fondateurs du métier de photographe-réalisateur. Sans limite, tant en ce qui concerne leurs prédispositions à créer avec les outils numériques,  que leur capacité à réinventer une narration adaptée aux nouvelles modalités de visualisation (tablettes, Smartphones…), les Digitals Natives sont le terreau des entreprises photographiques qui feront le pari du plurimedia pour cette nouvelle décennie.

Le site de référence pour tout savoir sur les webdocumentaires : http://webdocu.fr/web-documentaire/
Calendrier des ateliers et colloques de FreeLens, une association animée par Wilfrid Estève qui fait avancer la réflexion sur les nouvelles écritures et les nouveaux usages de l’image et du son (en cliquant ici)