Cartes bancaire personnalisées

29 juillet 2010

La carte bancaire devient un nouveau support photo : pourquoi ne pas marketer une offre de portrait ?

Le fait

Depuis près d’un an les banques proposent à leurs clients des services de personnalisation de leur carte bancaire via Internet. Ceux-ci peuvent choisir parmi une sélection d’images, où utiliser leur propre photo qui sera imprimée en fond de carte. Cette possibilité est offerte grâce à une technologie d’impression thermique développée par DNP, marque bien connue dans le secteur de la photo pour ses minilabs et ses bornes instantanées. Auparavant la personnalisation s’effectuait en collant un sticker sur la carte, lequel, était proposé pour quelques euros par plusieurs sites branchés comme celui de k-loushop.com

Le décryptage

Les institutions, l’autorité et les représentants politiques ont perdu leur aura… les banques encore bien plus ! Celles-ci ont tiré les conséquences de cette tendance qui ne date pas de la crise, mais s’installe comme corollaire du passage à une ère post-moderne qui s’accompagne d’une montée irrépressible de l’individuation… mais les commerçants et les prestataires de services ne découvrent pas aujourd’hui cette nécessité de personnalisation, et encore moins les photographes.

Pour les banques, la nécessité de personnaliser leur offre pour séduire s’impose alors qu’elles se livrent encore à la surenchère statutaire des cartes « VIP » toujours plus précieuses et rares (gold, platine, etc.) pour un public en mal de reconnaissance. Grâce à l’impression désormais économique et la qualité photographique, celles-ci peuvent apporter ce service sans coût supplémentaire et ainsi personnaliser ce qui subsiste de matérialité (humanité ?) entre leurs clients et l’institution (en attendant le paiement totalement dématérialisé par mobile qui arrivera dans quelques mois).

Pour les photographes professionnels c’est une occasion nouvelle de faire un portrait adapté à ce nouveau besoin. Tous les adultes — sans exception— se retrouvent transformés en prospects, puisque tous les détenteurs de compte bancaire ont été informés — où le seront bientôt—qu’une telle possibilité leur est offerte. Reste à aller vite … et mettre en scène cet usage sur des cartes factices en vitrine…

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Nouveau concepts magasins dans le monde

29 juillet 2010

Supermarché italien Sconto Maxi, sans caddie ni cabas : un concept où les marchandises sont délivrées en sortie de magasin par le personnel, le client se contentant de cliquer sur les produits qu’il souhaite acheter. Source : Le Journal du Net. Photo Ebeltoft.

Le fait

Le Journal du Net a publié le 23 juillet dans son numéro 192, un sujet développé par le cabinet d’études Dia-Mart présentant sous une forme synthétique 23 initiatives innovantes en matière d’enseignes de détails et de services. On y trouve un supermarché sans caddie où les consommateurs scannent les objets qu’ils achètent en guise d’acte d’achat — leur délivrance étant reporté en sortie de magasin—, une boutique de restauration en libre service ouverte 24/24 proposant des plats préparés par … le restaurant voisin, un magasin Swarovski qui permet au consommatrices de composer leurs bijoux, un Danone Store à Barcelone où les clients peuvent tester les nouvelles recettes de la marque, une parfumerie disposant de trois espaces olfactifs selon les goûts (classiques, huiles essentielles et nouveautés), un StarBucks new-Yorkais qui vend du vin et de la bière ou encore un Office Dépôt écologique !

Le décryptage

Les concepts magasins se limitent trop souvent à l’habillage d’un espace public de façon à rationaliser un aménagement afin de le rendre duplicable sur plusieurs magasins. Rarement ceux-ci correspondent à la mise en pratique d’une idée véritablement révolutionnaire qui invente un nouveau modèle économique. De ce point de vue, cette profusion d’idées glanées aux quatre coins du monde est véritablement réjouissante et doit interroger notre univers et les ressources créatives inexplorées autour des services photo. Si Orange, dans son magasin parisien de la Madeleine explore la relation entre téléphonie et photographie (le savoir faire Photo Service étant mis à profit) rien n’aura été véritablement tenté au cours des trente dernières années sur le secteur (hors l’incontournable Photo Service), pour conceptualiser l’espace de service photo rêvé par le consommateur. Les concepts de marque se sont tous révélés déficients en imposant une offre et une image (par définition de marque) sur une demande polymorphe et terriblement versatile (auquel l’industriel d’avant l’ère numérique ne pouvait s’adapter). Les besoins ne manquent pourtant pas sur le secteur photo, où il aura fallu la création de Yellow Corner pour que soit démontré qu’une bonne segmentation du marché de la photo « d’Art » est vertueuse, sans tomber dans le commerce de  posters à punaiser au mur. La relation entre les besoins d’image de soi et la consommation pléthorique de photographies sur les réseaux sociaux, la question de la profusion et du partage d’images, de l’incroyable maîtrise créative des Digital Natives, du besoin de mise en valeur des tirages, de l’édition de livre photo à la demande, de la préservation des archives familiales… pourraient donner lieu à autant d’expérimentations fécondes et passionnantes. Malheureusement Dia-Mart n’a pas découvert de concept magasin novateur en photo dans le monde.…Trop dommage !


Qui sont les Digital natives ?

20 juillet 2010

Le fait

L’institut BVA s’est immergée pendant près de trois mois dans l’univers des 18-24 ans dans huit régions de France afin de décrypter l’influence du numérique sur les usages et les représentations des « Digital natives ». Dans moins de cinq ans cette génération représentera 30 % de la population mondiale, or plusieurs études ont démontré une transformation fondamentale de leur activité cognitive, leur conscience du réel, leur vision sociale et même leurs capacités intellectuelles. Cette étude baptisée Gene-Tic vise à anticiper leurs comportements de demain… et elle démontre que les Digital Natives ont un rapport au temps et à l’espace qui casse toutes les règles des générations précédentes, se montrent des joueurs permanents, veulent être maître de la relation marchande et enfin éprouvent une véritable défiance vis-à-vis de l’autorité.

Le décryptage

Edouard Le Maréchal, directeur des études qualitatives de BVA, estime que « cette étude fait apparaître le nouveau référenciel symbolique, pratique et éthique  de notre société pour les années à venir ». Il n’ose pas dire que nous ne seront pas déçus de la rupture, mais les titres des univers d’usages développés au long de l’étude ne manquent pas de piquants ! :

– Sur le rapport au travail : du « donnant-donnant »  –

– Sur la consommation : « j’achète ce que je veux, au prix que je veux, où je veux, quand je veux » .

– Sur leur rapport à l’environnement et l’éthique : « Politiques et les industriels : montrez l’exemple ».

– Rapport au corps et à la santé : « Tu me regardes donc je suis ».

– La communication interpersonnelle : « Je communique donc je suis ».

– Rapport à l’information :  « On la partage, elle est fiable ».

Pour le monde du commerce, les réponses doivent être à la mesure des évolutions de ces consommateurs jeunes, désenchantés par rapport à leurs aînés et avec lesquels il faudra composer, tant comme salarié que comme consommateur. L’étude montre en effet l’importance de la recherche du meilleur plan, tandis que le principe de gratuité révolutionne les codes et les usages du monde marchand (résurgence du don et de l’échange, nouvelle vision de la possession, dévalorisation des biens matériels…). Pour les Digital natives, l’activité numérique est devenue une activité de consommation à part entière, poste prioritaire avant même les budgets physiologiques (alimentation, logement). Autant de constats qui portent à l’optimisme sur la consommation photo, tant les équipements de prise de vue restent essentiels pour les besoins de la communication interpersonnelle.

Pour télécharger le communiqué de presse faisant la synthèse de cette étude de 500 pages, cliquez ici.


Panasonic tue le père

20 juillet 2010

Dans son spot TV pour le G2, Panasonic libère la création en faisant exploser réellement — et symboliquement — les outils de prise de vue d'hier : un reflex fait partie du lot !

Le fait

Afin d’illustrer  le slogan « Faites exploser votre créativité », et inviter les amateurs à rejoindre le site www.shottherules.fr pour soumettre leur création et apprécier les expériences visuelles qui y sont présentées, le spot Panasonic G2 créé par Proximity BDDO n’hésite pas à faire exploser réellement plusieurs appareils anciens. Tour à tour un Yashica Mat124G (6X6 bi-objectif des années 70), un Fujica ST ou une camera Super 8 Braun explosent en libérant des oiseaux et des fleurs, métaphore d’une créativité désormais délivrée des carcans techniques…

Décryptage

Jamais message n’aura été plus clair, entre volonté de conquête et stratégie de groupe : le monde ancien — celui des appareils reflex, des cameras d’un autre âge et des appareils 6×6 compliqués — doivent céder la place à une nouvelle vision de la photographie incarnée par les appareils hybrides*  (dont le Panasonic G2 est le digne représentant). Détruire des appareils argentiques en les faisant spectaculairement exploser — pour clore symboliquement une époque afin qu’une nouvelle èrepuisse émerger —, est une manière directe pour Panasonic de revendiquer un rôle central (acquis sur les compacts, mais pas atteint sur les reflex). Une mise à mort allégorique du père s’imposait.… les Digital natives auxquels le G2 s’adressent peuvent jubiler !

(*) Appareils hybrides : suite à notre post du 26 avril « Cacophonie sur les compacts » ,  c’est finalement le terme « Hybrides » qui a été consacré depuis la fin mai par les responsables marketing français pour désigner les compacts à objectif interchangeable. Un consensus dicté par le pragmatisme qui permet de nommer clairement les appareils de nouvelle génération (appareils à objectif interchangeable avec « grand » capteur, pourvu ou non d’un viseur électronique).

Fonds Henri Odesser

20 juillet 2010

Fonds Henri Odesser d'Annecy : 40 années d'archives préservées pour faire revivre l'histoire locale à travers le regard d'un photographe de talent. Pour un fonds de studio préservé, combien disparaissent chaque année en France ? (Fonds Odesser – Archives départementales de Haute-Savoie)

Le fait

Les archives départementales de Haute-Savoie et le Musée-château d’Annecy ont présenté de décembre 2009 à mars 2010 deux expositions thématiques d’une partie de l’œuvre d’Henri Odesser, photographe décédé en 2005 qui a travaillé à Annecy durant plus d’un demi-siècle (de 1943 à 1985). Fort d’une collection de quelques 40 000 clichés, l’œuvre d’Henri Odesser témoigne de la vitalité de la vie sociale et économique locale de la seconde moitié du XXème siècle, et à ce titre, constitue une richesse du patrimoine régional. Préservé, puis constitué en fonds photographique du vivant de l’auteur, l’ensemble de l’œuvre fut finalement légué fin 2006 aux archives départementales de Haute-Savoie par son fils Michel Odesser (ex-rédacteur en chef adjoint de Phot’Argus). A ce jour, plus de 27 000 photos ont été numérisées, indexées, légendées méthodiquement par ses soins, permettant de porter ce travail à la connaissance du public.

Le décryptage

L’exemplarité de cette sauvegarde d’initiative privée, pose la question plus générale de la préservation des archives des quelques 3 000  studios de photographie qui ont fermé leurs portes au cours des dix dernières années en France. Pour ceux dont les archives ont été provisoirement préservées (et non jetées comme nombre d’entre-elles !), et pour les entreprises qui fermeront bientôt, existe-t-il une solution pour  mettre ce patrimoine à l’abri ?  Outre placer celles-ci dans un local sain, sec, ventilé et dépoussiéré, à qui les confier afin d’éviter qu’elles ne meurent… sauvées ?

Les archives publiques sont en mesure de prendre en charge de tels fonds en France : archives nationales, départementales ou municipales en fonction de l’intérêt historique ou patrimonial. Un travail d’inventaire doit être dressé avant toute démarche, ce qui est en général facilité par le travail d’archivage du photographe en activité. Faire apparaître l’intérêt patrimonial des archives, en mettant en avant les travaux les plus marquants susceptibles de favoriser une divulgation rapide vers le grand public. Voir les modalités de transmission en cliquant ici.  Pour avoir les coordonnées des archives départementales en France, cliquez ici. Si le Ministère de la Culture et de la Communication a de son côté mis les bouchées doubles depuis deux ans pour mettre à l’abri l’œuvre de photographes célèbres, le challenge reste posé partout en France pour les photographes qui ne jouissent pas de la même notoriété.

Pour les photographes professionnels dont le travail s’inscrit toujours dans le temps, la disparition des archives d’un studio (le sien ou celui d’un collègue) ne s’apparente pas seulement à une perte de patrimoine (dont le public n’a pas directement conscience), mais également à une perte de rôle social : celui de dépositaire de la mémoire locale (comme la profession de notaire l’incarne aujourd’hui). De là à ce que la profession se mobilise pour sauvegarder les archives photographiques en déshérence et le fasse savoir…