Picoprojection nomade

22 novembre 2010


Le boom mondial des picoprojecteurs tel que le cabinet d'étude DisplaySearch l'envisage : notez que les modèles intégrés seront deux fois plus répandus que les modèles autonomes dès 2013.

Exemple de bureau nomade proposé grâce à la picoprojection dans les années à venir (projet Microsoft).

Le fait

Un an après la sortie du premier appareil photo au monde doté d’un projecteur (le Nikon Coolpix S1000pj), la sortie en France du picoprojecteur Samsung SP-H03 * va vulgariser le concept avant la prolifération en France de smartphones équipés de cette fonction. Ces équipements subminiatures atteignent un niveau de performance incroyable, autorisant pour le dernier Samsung SP-H03 la projection sur un écran de plus d’un mètre de base dans la pénombre. Son autonomie vis-à-vis de toute source extérieure informatique extérieure est exemplaire : le SP-H03 reconnaît indistinctement tous fichiers aux formats vidéo courants mais également les fichiers PDF ou issus de la suite logicielle Office tel que  Word, Excel ou PowerPoint (idéal en réunion)… En outre sa faible consommation autorise deux heures trente de projection par accus. Les enjeux autour de la vidéoprojection nomade sont tels que Nikon a mis en ligne le 11 novembre dernier un site mondial (nikon.coolprojection.com) dédié à son compact Coolpix S1100pj où les artistes sont invités à contribuer via youtube.

Le décryptage

En l’attente d’une technologie de rupture sur les écrans plat (finesse, souplesse et faible consommation), les picoprojecteurs offrent le meilleur ratio poids/autonomie/taille d’écran pour l’affichage de contenus numériques. Fort de cet atout, un nouveau segment de marché peut émerger. Mais l’erreur serait de les considérer seulement au regard de leurs performances d’affichage. Car, si pour les usages domestiques ou business ceux-ci se comportent comme des vidéoprojecteurs traditionnels, leur succès annoncé (voir les prévisions de DisplayResearch) se fera sur la base d’applications nouvelles, notamment embarqué comme interface homme/machine (lorsque l’interaction entre les contenus projetés et les utilisateurs sera assurée grâce à une caméra) permettant par exemple à un smartphone de projeter sur n’importe quel support un clavier virtuel. Le projet Microsoft Surface (voir photo ci-dessus) incarne bien le rôle que pourra prendre les futurs picoprojecteurs dans notre vie numérique, mettant à la portée de tous les effets futuristes présents dans le film publicitaire Boursorama Banque (à voir ici).

(*) Le picoprojecteur Samsung SP-H03 a dernièrement remporté l’étoile de l’Observeur du Design 2011 organisé par l’Agence pour la promotion de la Création Industrielle. Port MicroSD-HC, mémoire interne 1 Go. Taille : 70 x 70 x 27 mm. Prix public : 249 euros.

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Gratuité, culture et Internet

22 novembre 2010

Nouveau record de fréquentation au Salon de la photo 2010 : 77 000 visiteurs se sont pressés dans les allées de la porte de Versailles, soit 7 % de plus que l'année dernière et 45 % de plus qu'en 2008 !

Le fait

Le salon de la photo 2010 qui s’est tenu à Paris du 4 au 8 novembre Porte de Versailles  a enregistré une nouvelle progression de son visitorat : +  7 %, soit 77 000 passionnés qui ont choisi de se presser Porte de Versailles pour découvrir les nouveautés présentées par les exposants mais aussi l’exposition Willy Rizzo et écouter les témoignages passionnants de grands photographes invités par le site photographie.com dans l’espace conférence du Hall 4. Ce nouveau succès populaire fait suite au bond de 35 % du visitorat entre 2008 et 2009. Jamais de mémoire d’exposant, un salon photo en France n’aura attiré autant d’amateurs et de professionnels.

Le décryptage

La popularité actuelle du Salon de la photo ­—  depuis sa reformulation en 2007 —démontre la pertinence des choix adoptés à marche forcée par les instances professionnelles : rachat du salon par le Sipec*, annualisation, ouverture d’un village de vente et ambitions culturelles affirmées. Mais au-delà de ces décisions — si controversées à l’époque—, trois ruptures expliquent le succès :

– La gratuité : en passant d’un modèle payant à un modèle gratuit en 2007, le salon faisait l’impasse sur la recette de la billetterie, en contrepartie d’une progression de +60 % de son audience dès la première année (48 000 visiteurs en 2007 contre 30 000 l’année précédente).

L ’internet : avec « l’Agora du Net », espace dédié aux bloggeurs et à leurs communautés, le salon de la photo aura trouvé facilement une visibilité sur le web à travers des émissaires passionnés qui utilisent quotidiennement les réseaux sociaux. Autre dispositif désormais stratégique associé à la diffusion des invitations : le recueil des adresse électroniques des visiteurs qui se pré-inscrivent pour obtenir leur entrée gratuite permet aux organisateurs de garder un lien direct avec les visiteurs du salon et ceux qui ont témoigné un intérêt pour la photo en  se pré-inscrivant. Cette base de données non commercialisable constitue une des clés du succès du salon et une force pour l’avenir.

– La culture : l’augmentation du niveau culturel général de la population et l’attrait des jeunes pour une photographie de qualité ne permet plus au monde marchand de se soustraire aux aspirations culturelles des visiteurs. Après l’exposition Raymond Depardon en 2008, l’hommage à Willy Ronis l’année dernière, et l’exposition Willy Rizzo cette année, le salon affiche sa volonté d’attirer des visiteurs autant passionnés de photos que de technique. Le choix d’une société de relation publique (2ème bureau) fortement ancrée dans la vie culturelle française aura permis d’offrir une couverture médiatique exceptionnelle, via des titres de presse dont le high-tech n’est pas la tasse de thé.

Gratuité, Internet, Culture : trois outils de conquête et de renouveau que les PME du secteur photo, peuvent elles aussi activer pour se réinventer en tenant compte des besoins des consommateurs. La gratuité pour générer du trafic, l’Internet et les réseaux sociaux pour être en dialogue avec ses clients, l’engagement culturel pour donner un surcroît de sens à son activité professionnelle. Ceux qui seront capables de réviser leurs positions sur ces trois points gagneront à coup sûr. Le salon l’a prouvé.

(*) Syndicat des entreprises de l’Image, de la photo Et de la Communication qui rassemble la quasi totalité des fabricants de matériel photo en France.