Photo d’identité : vers un contrat entre l’Etat et les photographes

19 novembre 2009

L'ANTS fait une nouvelle proposition aux photographes et exploitants de cabines, afin de "fluidifier" la production des photos d'identité biométriques. Reste au législateur à entériner la déconnection des appareils en mairie…

 

Le fait

Raphaël Barthold, directeur de l’Agence Nationale des Titres Sécurisés (ANTS)  a récemment proposé aux organisations professionnelles (API* et FNP**) un nouveaux dispositif baptisé SIAP  (pour SIte Ants des Photos) qui permettrait aux photographes et cabines automatiques de reprendre leur place dans la production de photographies d’identité biométriques en conservant un très haut niveau de sécurité. Un serveur de l’ANTS mis à la disposition des photographes délivrera en temps réel la validation de la photo d’identité associé à un code d’identification anonyme qui sera imprimé en marge de la photo. Il suffira aux agents de mairies de scanner ce code au moment du dépôt du dossier par l’usager pour avoir accès à sa photo sur le site sécurisé de l’ANTS. Pour le photographe, aucun investissement n’est nécessaire, si ce n’est disposer d’un PC connecté à Internet.

Le décryptage

La sursaturation des services des passeports en mairie ne permet pas d’augmenter la capacité de délivrance actuelle, condition pourtant nécessaire pour permettre une extension du service aux cartes d’identité puis aux cartes grises. Le Ministère de l’Intérieur semble avoir récemment pris acte des limites du dispositif mis en place en toute hâte afin de respecter les engagements internationaux (tout en laissant au groupe Safran la possibilité de rebondir sur le marché profitable de la biométrie à l’export). La colère des maires qui se sont vus imposer ces dispositifs, la mise en péril de milliers de commerces de centre ville et la mobilisation des sénateurs UMP conduirait à une révision du dispositif sans rien concéder sur le degré d’intégrité du portrait intégré aux titres officiels et enregistré dans la puce RFID de chaque document. Le nouveau dispositif proche de celui utilisé en Allemagne et en Belgique pourrait donc être la voie de sortie de crise actuelle à condition que les politiques interviennent vite pour faire supprimer législativement les appareils de prise de vue dans les mairies. C’est à cette condition expresse (qui ne dépend pas de l’ANTS), que les présidents des organisations professionnelles estiment pouvoir accueillir favorablement ce projet.

(*) API : Association pour la promotion de l’image  – (**) FNP : Fédération Nationale des photographes
Publicités

Des photos autocertifiées par les auteurs

18 novembre 2009

 

Un sticker à bulles activé par l'auteur au moment de son enregistrement sur le site arttrustonline protège les photos d'Art des risques de contrefaçon

Le  fait

La société ArtTrust en partenariat avec HP dévoile aujourd’hui 19 novembre en ouverture de Paris Photo, un dispositif permettant aux photographes d’autocertifier leurs tirages originaux par un procédé de traçabilité inédit. Pièce maîtresse de ce dispositif, un sticker à bulles produit par une société française Prooftag, inviolable et non-reproductible qui emprisonne un réseaux de bulles d’air distribuées de façon aléatoires entre deux feuilles de polymères. Ce sticker apposé sur l’œuvre est porteur d’un code unique lisible visuellement ou par un scanner 3D afin de pouvoir facilement authentifier l’œuvre en cas de besoin et avoir accès aux données qui lui sont associées (auteur, date, détails techniques, galerie…). Chaque sticker vendu 12 euros par ArtTrust est référencé dans une base de données que l’auteur doit renseigner puis activer lorsqu’il désire protéger l’une de ses œuvres. Tous les détails sur ce procédé sur le site http://www.arttrustonline.com (encore en version Beta).

Le décryptage

Alors qu’HP vante une qualité de reproduction permettant de réaliser des copies d’œuvres picturales « à l’identique » via ses imprimantes … Designjet Serie Z, l’heure de l’authentification des œuvres a sonné. Qu’il s’agisse d’auteurs photographes ou de peintre ayant recours aux imprimantes jet d’encre pour leurs travaux, le risque de contrefaçon n’est plus négligeable et le monde de l’Art s’en inquiète.  Après avoir demandé la pérennité des impressions photo, les collectionneurs demandent des garanties par des solutions de traçabilité.  ArtTrustonline entend répondre à ce nouveau besoin pour l’univers de la photo en utilisant une technologie brevetée que les fabricants de produits de luxe commencent à exploiter pour lutter contre la contrefaçon sur des produits de moindre prix mais tout aussi sensibles (bouteilles de vins et spiritueux, produits cosmétiques…). Ce procédé est aujourd’hui promu par HP auprès des photographes, mais peut être utilisé avec tous les supports jet d’encre, ce qui le rend complémentaire au label Digigraphie qui vise lui-aussi à rassurer les acheteurs d’Art.


Marché des accessoires vidéo pour reflex

5 novembre 2009

 

S. Devaud 7D

Sébastien Devaud*, réalisateur indépendant qui produit des sujets pour Zone Interdite (M6) ou le marché publicitaire, a accessoirisé son EOS 5D Mark II afin de le rendre facilement utilisable en reportage.

Le fait

Les reflex disposant d’un mode vidéo HD (et notamment le mode 1 080p du Canon EOS 5D Mark II) ne cessent de faire parler d’eux dans les agences de production publicitaires et de reportages. Aux Etats-Unis, désormais les photographes s’habituent à rapporter des images vidéo en plus de leurs photos afin d’alimenter les sites Internet de leurs commanditaires. En France, le phénomène fait tache d’huile, et l’arrivée des EOS 7D /1D Mark IV et autres Nikon D3s ne va pas calmer les esprits.

Le décryptage

Les photographes sont les personnes les mieux placées pour gérer à la fois le cadre, la lumière, l’étagement des plans et contrôler la profondeur de champs : c’est le constat exprimé par les professionnels présents le 30 octobre à la MEP* lors de l’Atelier numérique organisé sous l’égide de photographie.com. La mise au point précise n’est pas la moindre des difficultés à résoudre pour les pionniers du mode vidéo sur les reflex, le plan de mise au point à pleine ouverture avec un EOS 5D Mark II étant de quelques millimètres dans le cas d’un portrait. Nombre de photographes doivent d’ailleurs faire appel à un assistant pour la mise au point, comme c’est le cas sur les tournages en 35 mm (il faut rappeler que le capteur d’un EOS 5D Mark II est deux fois plus grand que la surface image insolée dans une caméra Panavision !). L’esthétique cinéma des images produites est tellement vendeuse qu’il faut trouver les moyens d’améliorer l’ergonomie des reflex grâce à des accessoires ad hoc. C’est bien à la naissance d’un nouveau marché des accessoires à laquelle nous assistons aujourd’hui (marché dominé par des sociétés californiennes ou japonaise) auquel des pionniers comme Objectif Bastille à Paris a su répondre. Pour bien prendre conscience des difficultés à résoudre en tournage, voir le making-of du reportage tourné à la MEP lors du vernissage de l’exposition dédiée à Robert Delpire.

(*) Sébastien Devaux est en train d’écrire le guide « Tournez une vidéo HD avec les boîtiers reflex Canon » à paraître en janvier aux Editions Eyrolles.

One-to-one, la formation personnalisée Apple

5 novembre 2009

Apple Store Carousel

Apple ouvre son premier Apple Store au Carrousel du Louvre : 150 salariés seront au service des consommateurs.

Le fait

Les vendeurs du nouvel Apple Center (qui ouvrira le samedi 7 novembre au Carrousel du Louvre à Paris), proposent à chaque acheteur d’un nouvel ordinateur Mac, un pack annuel « one-to-one » tarifé 99 euros, qui permet d’accéder à des tutoriaux exclusifs en ligne mais également d’être pris en charge par les meilleurs spécialistes des logiciels et de l’environnement Apple au cours de séances individuelles de formation en magasin. Au titre des thèmes proposés pour ces rendez-vous :  « Passer facilement au Mac », « Création musicale », « iphone », « photographie numérique », « Réalisation de films », « Réaliser vos propres créations »… Mais puisqu’il s’agit de sur-mesure, tous les thèmes peuvent être abordés. Pour en savoir plus sur cette offre, cliquez ici.

Le décryptage

L’emblématique principe de simplicité qui régit la conception de tous les produits signés Apple, ne suffit pas. Il faut y ajouter celui d’efficacité tant au travail que dans les loisirs. Si la réalisation de soi passe obligatoirement aujourd’hui par la maîtrise des outils numériques, le marketing doit pouvoir y répondre. Et quand cette réponse est source de valeur ajoutée et de fidélisation pour le réseau de distribution, comment ne pas imaginer du sur mesure ? C’est le sens de cette offre one-to-one, que seuls les Apple Center offrent aux acheteurs de Mac partout dans le monde. C’est l’assurance pour le consommateur d’utiliser son équipement au maximum de ses capacités. Comment ne pas faire le parallèle avec les besoins exprimés par les acheteurs de reflex numériques ?  Cette demande est une tendance si forte qu’elle fait le succès des école de formation des marques (comme la Nikon School), ou justifie la création de sociétés comme jeveuxêtrephotographe ! dont nous vous avons parlé dans notre dernier billet. Un fabuleux marché à saisir…


Entretien avec Sébastien Rohart président de Photobox

5 novembre 2009
S Rohart Photobox

Sébastien Rohart, président de Photobox pour l'Europe

En France 89 % des albums photos personnalisés et 25 % des tirages sont réalisés en ligne. Une position qui doit inciter les réseaux physiques à mieux cerner le ressort du marketing en ligne, afin de jouer la complémentarité et l’excellence. Une des raisons qui m’a fait rencontrer Sébastien Rohart, président de Photobox* pour le continent européen. Un entretien sans langue de bois, quitte à être déstabilisé par la rudesse des propos…

Fin 2007 vous étiez 63 personnes à Sartrouville, aujourd’hui vous êtes plus de 120 personnes. Où va Photobox ?

Nous allons finir l’année avec un CA qui s’équilibrera à 50/50 entre tirages et albums. En 2010, l’activité impression sur Indigo (production d’albums) sera largement dominante. Pour le tirage, le marché et le réservoir de croissance se trouvent en magasin, donc on va chercher les clients en magasin. Et on pousse le livre photo, car nous vivons grâce aux livres photo que nous produisons nous mêmes. Je plains ceux qui ne produisent pas eux-mêmes, car leur marge est externalisée.

La stratégie est donc la bonne pour ces deux marchés. Reste notre troisième priorité, l’Europe. Nous servons dix pays aujourd’hui, et venons de remporter l’appel d’offre d’ICA, leader de la grande distribution en Suède …sans même y être installé physiquement !

Qu’est ce qui vous permet d’avancer si vite ?

Nous faisons du marketing pour des clients. Le marketing c’est ce que le client veux entendre. Je mets au défit le retail de faire du marketing aussi pertinent, car leurs parts de marché est insuffisante. Avec Mypix ou Photoweb , nous sommes promophiles, car c’est le modèle économique de l’Internet. Dans un marché en plein développement nous voulons de la part de marché, car nous ne voulons pas laisser les choses se faire ! En temps de crise, c’est le prix qui compte. Je crains que le retail ne soit en train de vivre sur les albums ce qui s’est passé pour les tirages…  Qu’est ce que vous voulez faire ? : manier la photo de la grand-mère derrière une borne d’un magasin … ? Non, la valeur d’usage de l’Internet c’est de vouloir passer une ou deux heures derrière l’écran de son ordinateur, tranquillement installé chez soi…

A part le prix bas, qu’est ce qui vous distingue des autres prestataires ?

Tout d’abord, ceux qui disent que le Web a une logique de destruction de valeur, ceux là n’ont pas compris le marché ! Mais je concède qu’avec un modèle « retail » vous ne pouvez pas faire autrement…

Ce qui nous distingue, c’est l’hébergement. La vente d’albums que nous avons lancé récemment n’est possible que si vous hébergez l’outils de création d’albums. Ceux qui ont fait le choix de diffuser le logiciel en local ne peuvent pas accéder à ce service. Avoir un système intégré permet de gérer la sécurité d’accès, mais également les dispositions légales : il faut gérer les droits et la modération.

Qu’en est-il des cycles d’utilisation des photos par vos clients ?

Nous sommes au cœur du réacteur marketing qui fait notre force, car 10 à 20 % des ventes sont issues du partage. Mais ce sont des cycles de ventes très longs. Nous savons à quel moment il est plus intelligent de parler de livres à nos clients… les métadonnées associées au fichier images nous renseignent sur la date de prise de vue. Je ne pousse jamais une promotion par hasard. C’est ce qui explique nos parts de marché. Et pourquoi nous travaillons avec des gens de pur marketing. Venant de la banque, je sais ce que c’est qu’un marketing compliqué. Et le livre est également très complexe. Nous travaillons beaucoup sur ces données et nous ne sommes pas au bout de nos découvertes. C’est tellement riche que nous nous concentrons que sur les livres !

Vous envisagez d’exploiter à des fins marketing d’autres métadonnées qui seront présentes avec les fichiers images ?

Nous avons un taux de pénétration de 5 à 6 % sur les albums dans la population française, donc tout ce qui est gadget, comme la reconnaissance faciale, la géolocalisation, nous en reparlerons lorsque nous aurons atteint 25 % de pénétration…

Et à propos de préservation des photos, le marché est-il mûr ?

Nos clients sont des clientes qui ont des enfants de 1 à 10 ans. Donc actuellement ces mamans ne se posent pas la question de la préservation. Elle se posera dans dix ou vingt ans. A partir du moment où je stocke les photos sans limite de temps, c’est très économe d’avoir les données de création stockées…

Le livre c’est le blog sur papier. Derrière ce marché ce sont des valeurs très profondes sur lesquelles nous travaillons. Quand on leur demande pourquoi elle font un livre, nos clientes nous répondent… « parce que je veux le garder toute ma vie… ! »

(*) Photobox compte parmi les cinq leaders européens des services photo en ligne.

Service photo sur France Inter

5 novembre 2009

 

I Giordano

Isabelle Giordano en cours d'émission, le 27 octobre 2009

Avec un titre très polémique « Photos numériques : Impression à domicile ou tirage sur Internet ? » — malheureusement découvert en plein direct—, j’étais invité le 27 octobre dernier à l’émission Service Public d’Isabelle Giordano en compagnie de Cyril Brosset, journaliste à l’UFC Que Choisir. Je pense que finalement l’émission aura permis de convaincre les auditeurs que les professionnels de proximité ont plus que jamais leur rôle pour les services photos. Pour vous faire une idée par vous-même, vous pouvez réécouter cette émission sur le site de France Inter en cliquant ici.