Drones et photographie aérienne

10 décembre 2010


Alternative au vol réel, les drones donnent accès à des prise de vue photo et/ou vidéo HD impossibles à réaliser auparavant

Le fait

La société parisienne Helibird propose depuis un an et demi des prestations de prise de vue aérienne à partir d’un drône télécommandé accueillant un Canon EOS 5D ou un compact Canon G11. Le contrôle en temps réel au sol des images provenant de l’appareil et l’autonomie de quinze minutes de cet aéronef électrique quasi silencieux permettent de produire des photos et des vidéo HD haute qualité à un coût réduit. Les sociétés de production publicitaires sont les principaux clients de cette jeune société, mais Frédéric Durand,— dirigeant de l’entreprise et directeur de la photographie —  indique que de plus en plus d’entreprises exploitent ce mode de capture pour agrémenter leur communication corporate. Le prix de location d’un drone (à partir de 1500 euros/journée avec son pilote, soit 1000 euros moins cher qu’un hélicoptère télécommandé) plaide en faveur de cette solution popularisée par les reportages sur les paparazzi (voir un extrait d’Enquête Exclusive de M6 en cliquant ici). Hors de la production de photographie d’illustration saisissantes (donc très commerciales !), bien d’autres prospects peuvent être intéressés par cette technique  : immobilier, urbanisme, aménagement du territoire, surveillance de zones agricoles ou industrielles, contrôle de toitures ou de réseaux, aménagement du territoire, recherche archéologique…

Le décryptage

La prise de vue par drone est au carrefour de deux ruptures technologiques : celle du numérique pour la photo, et celle de l’hyper-miniaturisation pour l’aéromodélisme (accus, moteurs et radiocommandes notamment). Comme pour d’autres domaines cette mutation conduira à une démocratisation de la prise de vue aérienne à basse altitude que le succès des ventes de Noël du drone Parrot (non photographique) ne fera qu’accentuer. Pour les photographes professionnels cette alternative au vol réel (à bord d’hélicoptère, d’ULM, ou d’avion légers), au mat télescopique, au ballon captif ou encore au câble-cam est une chance à saisir.  Soit en faisant appel à une société spécialisée soit en s’équipant pour proposer une nouvelle prestation photo/vidéo HD très porteuse car les drones rendent possibles des prises de vue jusqu’alors impossibles à réaliser : prise de vue aérienne intérieure, plan séquence intérieur/extérieur, survol d’événements… Faute de s’approprier ce nouveau mode de prise de vue, les professionnels de la photo risquent de laisser ce créneau aux amateurs de modélisme qui eux, ne créeront pas de  véritable valeur…

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Professionnalisation de l’amateur

10 décembre 2010

Les amateurs sont autant à la recherche de produits statutaires qu'efficaces qu'ils utilisent indifféremment pour leur travail et leurs loisirs depuis que les frontières entre les deux univers s'estompent.

Le fait

Encore aujourd’hui et malgré leur prix élevé,  80 % des reflex haut de gamme et 60 % des moyen-format sont achetés par des amateurs fortunés ou passionnés (souvent les deux) pour lesquels le summum de la qualité produite par l’appareil est un préalable à leur propre démarche créative. Si les codes du marché du luxe ne se trouvent pas tous convoqués par les marques (sauf chez Leica), le marché du haut de gamme se porte bien et pas seulement pour les appareils photo. Si on ne se pose même plus la question du caractère professionnel des imprimantes A3+ —achetées en majorité par des amateurs—, les flashes et accessoires de studio sont de plus en plus convoités par des passionnés. Et le phénomène semble s’accélérer selon des avis convergents recueillis auprès de plusieurs exposants du dernier salon de la photo.

Le décryptage

Depuis toujours les produits professionnels ont été considérés comme des « must-have » par les amateurs épris de beaux outils photographiques. Une aubaine permettant le développement d’appareils destinés au professionnels, que la taille de leur marché n’aurait jamais permis de financer. Ce qui a changé depuis dix ans, c’est que les « amateurs » font un usage massif de leurs achats dans le cadre de leur activité professionnelle (assureurs, architectes , e-commerçants, professions de santé…), la photographie entrant de plain-pied dans le monde de l’entreprise par le phénomène généralisé d’inclusion numérique. Face à ce mouvement qui participe au dynamisme actuel du secteur, le professionnel peut se sentir déclassé. Et plutôt que de se lamenter en concurrence déloyale, il doit rester confiant dans son exceptionnelle expertise, la promouvoir et la vendre. Sauf à ne pas vouloir manger de ce pain là, qui est le mieux placé pour répondre aux besoins images des entreprises (comme mettre en place des flux de production de qualité), ou à former les amateurs à utiliser leur équipement haut de gamme au mieux de leurs possibilités ?


Imprimer Facebook

10 décembre 2010

Le logiciel egobook permet de rassembler le contenu de votre statut Facebook afin de créer un livre imprimé en ligne. Ci-dessous la présentation du service d'édition de poster 60 x 12 cm du site socialprintshop.com…

Le fait

Depuis le début octobre Facebook autorise le téléchargement des photos en haute résolution (2048 pixels de base soit 8 fois plus qu’auparavant).  Cette nouvelle possibilité rend dès lors possible l’impression en qualité photographique des images partagées sur le leader des réseaux sociaux (16 millions de membres actifs en France !). Une opportunité qui donne lieu au lancement de sites d’impression à l’exemple de socialprintshop.com qui propose des posters 60 x 120 cm des visages de vos amis ou encore de l’application egobook qui permet la production d’un livre  réunissant l’ensemble du contenu de votre profil Facebook.

Le décryptage

L’enregistrement des  faits et gestes de la vie quotidienne pour les partager vers sa communauté à travers Facebook constitue une occupation majeure d’une partie de la population, et pas seulement les jeunes. En France les adeptes des réseaux sociaux passent près de 55 minutes par jour connectés ! Les sept millions de mobinautes français (à début décembre 2010) viennent renforcer ce phénomène cette année, et la progression des ventes de Smartphones en 2011 conduira à un emballement de la production d’images « conversationnelles » qui doivent être considérées comme « une mémoire circulante » selon les termes de Joël de Rosnay (interview publiée dans Le Monde de l’image de novembre 2010). Pour garder des traces de cette vie sociale (bien réelle !), la matérialisation via l’impression retrouve la place qu’on lui connaît en photographie souvenir. La garantie de préservation à vie des photos par l’entreprise Facebook elle-même sera un jour à l’ordre du jour, mais en attendant, les presses numériques ont de beaux jours devant elles.