La révolution attendue arrive…lentement !

31 mars 2011

Pour le transfert des photos vers l’Internet, le module PenPal utilise le standard sans fil Bluetooth 2.1. Reste à le faire communiquer avec tous les mobiles…

Le fait

Au milieu d’une myriade d’accessoires de prise de vue tous très créatifs, Olympus a présenté en début d’année un petit module qui n’a guère fait parler de lui : le transmetteur Bluetooth Penpal PP-1. Compatible avec l’Olympus Pen E-PL2 , il exploite les nouvelles fonctionnalités du port 2 utilisé aujourd’hui pour connecter le viseur électronique optionnel sur cet hybride au design néo-classique. Le Penpal PP-1 n’est pas un transmetteur basique : il embarque un module de compression et 2 Go de mémoire. Le premier se charge de réduire le poids des fichiers, la mémoire assurant le stockage des images (jusqu’à 2600 photos compressées) avant leur envoi vers un équipement à la norme Bluetooth (PC, téléphone,  smartphone, tablette…). Sa compatibilité encore réduite aux téléphones Android et Windows Phone 7 (excluant l’iphone !) ne pousse pas Olympus France à précipiter sa commercialisation à un prix fixé à 79 euros… mais des versions upgradées pourraient ne pas tarder à arriver !

Décryptage

L’arrivée du Penpal permet d’entrevoir comment les fabricants japonais comptent résoudre l’épineuse question de la connexion de leurs appareils photo à Internet. Même si aujourd’hui cet accessoire Olympus utilise le Bluetooth 2.1, cette norme de transmission sans fil pourrait prendre le dessus sur le Wifi — trop énergivore—, à la faveur du déploiement depuis 2009 du nouveau standard Bluetooth 3.0 HS (compatible avec le Bluetooth plus ancien) dont les vitesses de transferts sont 24 fois supérieures à celle du Bluetooth 2.1 ! Cette performance de 24 Mbps (contre 1 Mbps) autorise l’échange de fichiers lourds comme la musique, la photo ou la vidéo. Le téléphone, accessoire le plus répandu dans la poche des possesseurs d’appareils photo deviendrait donc l’allié indispensable des photographes amateurs pour envoyer des photos vers les réseaux communautaires et de partage (pour cet usage social, la dégradation de la qualité des images transférées ne constitue pas un inconvénient réel…).  Il pourrait s’agir d’une alternative plus prometteuse à l’usage des cartes Wifi (comme les modèles Eye-Fi commercialisées depuis 2007) dont les débits restent insuffisants pour transmettre des fichiers photo de plus en plus lourds (voir l’excellent test du photographe Cyril Bruneau sur les durées de transfert comparées entre câble USB, transmetteur Canon WFTE2 et carte Eye-Fi Pro X2 en cliquant ici). A noter que les appareils dotés d’un double port carte SD peuvent permettre de sauvegarder les images en Raw d’un côté et autoriser de l’autre l’envoi via une carte Eye-Fi d’images très légères en Jpeg via les milliers de hotspot Wi-Fi disponibles en zone urbaine. Vu la position de plus en plus centrale prise par les réseaux sociaux en matière d’échange de photographies et le besoin croissant de partage en temps réel, l’année 2011 pourrait voir l’arrivée des premiers appareils photo à dispositifs de transfert intégré… mais décidément face à l’explosion des usages photo sur les smartphones, les fabricants d’appareils se hâtent lentement sur la question du sans fil !

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Albums géolocalisés sur Color

31 mars 2011

Color, premier réseau social de partage de photos géolocalisées pour iphone et mobiles sous Android.

 

Le fait

Color.com est un nouveau site communautaire de partage de photos qui vient de lever 41 millions de dollars pour se développer.  Sa particularité ? : l’agrégation des images se fait en fonction du lieux de prise de vue, l’application utilisant les données de géolocalisation associées aux photos pour créer un groupe dès qu’une série de photos d’un même lieu lui parvient. Ainsi toutes les images prises par les membres de ce tout jeune réseau communautaire s’organisent en album permettant de documenter une fête, une cérémonie, un événement local, sans avoir aucune manipulation supplémentaire à réaliser … d’où le slogan du site : « Take pictures together ». L’autre particularité de Color est de donner la priorité aux flux d’images produites par les personnes avec lesquelles vous partager le plus fréquemment des photos (donc a priori, avec lesquels vous vous retrouvez le plus souvent…). Cette gestion dynamique des flux partagés est un atout social particulièrement malin pour éviter la noyade sous le flot d’images d’inconnus…

Le décryptage

Le monde des réseaux sociaux ne cesse de révolutionner les pratiques de partage des images et les capital-risqueurs sont au rendez-vous… Après le succès de Path, d’Instagram ou de picplz, voici maintenant l’arrivée du premier site de partage photographique communautaire géolocalisé. Rappelons que le phénomène était attendu, tant la géolocalisation a été la tendance phare de l’année 2010 sur les réseaux sociaux (notamment avec la montée en puissance de Foursquare, de Plyce ou le lancement de Places sur Facebook…). Désormais avec color.com, les organisateurs d’un événement peuvent simplement inciter les invités à installer l’application gratuite Color sur leur smartphone afin de pouvoir visualiser l’ensemble des photos prises durant cet événement. Evidemment les appareils photos sont encore écartés des réseaux sociaux faute de connexion directe, mais la situation pourrait vite évoluer (voir la description de l’accessoire Olympus PenPal ci-dessus).

Reste que l’agrégation de contenus visuels à partir d’un même lieu de prise de vue n’est pas une nouveauté, puisque le site de Microsoft photosynth.net (décrit dans « Décryptages » en mai 2009) utilise la collaboration entre plusieurs photographes pour restituer des lieux touristiques célèbres en 2D et 3D. On se prend à rêver que l’association des fonctionnalités des deux sites puisse un jour permettra la modélisation 3D de scènes de vie photographiées de multiples fois (comme lors de mariage ou d’anniversaires…). Les usages mêlant photographies synchronisées et géolocalisées ne font que débuter … !


ITW de Guillaume Le Bleis, DG de Fotolia France

31 mars 2011

Guillaume Le Bleis, DG de Fotolia France : « à l’heure d’Internet si le coût ne s’était pas adapté aux besoins du marché, un maximum d’images seraient simplement volées »

Créé en 2006 par deux entrepreneurs Thibaud Elzière et Oleg Tscheltzoff, la société Fotolia est considérée par une majorité de photographes professionnels comme la plate forme de vente low-cost qui a le plus contribué à la baisse du prix moyen de la photographie d’illustration au cours de ces dernières années. Le succès de l’entreprise atteste pourtant que la démarche avait une pertinence (comme easyJet aujourd’hui pour les compagnies aériennes), et plutôt que de ressasser les éternelles rancœurs sur la question, préférons savoir comment ce business de la photo low cost évolue en France.  La tribune libre de Guillaume Le Bleis parue le 1er février sur le journaldunet.com  ( à lire ici) nous donnait le prétexte à cette interview qui fait suite à celle de Jeff Guilbault de Getty Images il y a un mois ; l’occasion de poursuivre notre analyse des nouveaux modèles économiques de la photo…

Fotolia, en quelques chiffres ?

Guillaume Le Bleis : Fotolia c’est 115 000 contributeurs à travers le monde dont 15 000 en France. Cela nous permet aujourd’hui de proposer près de 13 millions de photos, illustrations et vidéos HD sur notre plateforme. Nous comptons 2,5 millions de comptes dont 700 000 acheteurs professionnels qui téléchargent selon les périodes de 30 à 40000 photos/jour. Nous sommes désormais représentés dans 14 pays. En 2010, nous avons reversés plus de 40 millions d’euros de droits d’auteurs aux contributeurs qui alimentent nos collections.

Dans une tribune libre récemment publiée dans le Journaldunet vous regrettez que la photographie n’ait pas été prise en compte dans le dispositif Hadopi de protection de la propriété intellectuelle des auteurs. Vous comprendrez que les photographes vous considèrent dans la situation de l’arroseur arrosé en ayant démocratisé l’accès à une photographie à très bas prix… ?

Il y a une grande différence entre modèle gratuit et low-cost. La culture de la gratuité est une utopie, car par ignorance ou opportunisme, elle conduit les utilisateurs de biens culturels à nier qu’il faille rémunérer les gens qui travaillent derrière pour les produire et les rendre disponibles. Ce qui est plus grave, c’est que cette « ignorance » s’est répandue chez les professionnels de la communication. Pourtant notre modèle low cost, propose une alternative légale qui permet de rémunérer les auteurs ! L’offre à bas prix existe, il faut donc pousser les professionnels de la communication à abandonner les pratiques de piratage. C’est un travail de pédagogie que la cellule Hadopi applique aux contenus musicaux et audiovisuels, mais dont la photographie ne profite malheureusement pas. Nous pensons qu’il est impératif de conduire ce travail pédagogique, ce que je m’efforce de faire par mes interventions ou prises de parole… (comme cet avis d’expert sur Webinfotv.com à découvrir en cliquant ici) ou encore par une campagne de publicité qui sera diffusée en avril 2011 (voir le communiqué presse et les visuels en cliquant ici).

Comment justifiez-vous des prix aussi bas que 0,14 euros pour avoir le droit de reproduire une photo ?

C’est le principe du modèle low-cost, et à l’heure d’Internet si le coût ne s’était pas adapté aux besoins du marché, un maximum d’images seraient simplement volées. Mais la baisse du coût unitaire des photos engage les entreprises à en utiliser plus : il y a toujours plus d’utilisation par supports (brochure, catalogue, publicité ou site Internet…). L’accélération des besoins de communication fait qu’il y a de plus en plus d’images « jetables », celles-ci ont en effet une durée de vie de plus en plus courte. Il faut ajouter que ce prix de 0,14 euros par images est lié à un engagement d’achat sur des volumes importants, le prix moyen se situant plus aux alentours de 4-5 euros par image.

Mais les photographes peuvent-ils vraiment vivre des images commercialisées  sur Fotolia ?

Beaucoup de photographes professionnels ont évolué et migré vers les microstocks, ce qui leur a permis de vendre à l’international sans connaissance linguistique particulière ni investissement commercial. Chez certains qui nous ont rejoint, ça a été une révélation : ils ont pu se consacrer à la création de photos en disposant d’un canal de promotion supplémentaire sans risque d’auto-concurrence avec leur activité de prise de vue principale. En effet le microstock ne s’occupe que d’une catégorie de photos « basiques », utiles, des images communes, utilisables pour de nombreux usages, rien à voir donc avec des shootings sur des produits particuliers ou des exclusivités que seuls les photographes indépendants peuvent proposer. Pour prendre conscience du potentiel qu’offre ce nouveau modèle, retenons que la meilleure image de notre site a rapporté à son auteur plus de 18 000 dollars mais évidemment ce n’est pas la règle…

L’un des cinq visuels de la nouvelle campagne "pédagogique" de Fotolia : "l’objectif est de conduire les entreprises à acheter les images, et non à les … voler !"

Comment comptez-vous lutter contre le vol et la contrefaçon ?

Il est très difficile de mener des actions internationales. Nous négocions seulement le retrait des images des sites qui les utilisent sans licence, mais finalement nous y arriverons en éduquant les consommateurs. Le seul moyen c’est la pédagogie. Pour le public des professionnels s’entend. Car pour les particuliers c’est un autre problème ! Sauf avoir recours aux FAI, ce qui n’est pas envisageable, nous sommes obligés de les évacuer de notre sphère de contrôle.

Dans votre tribune libre (lisible en cliquant ici), vous adoptez un discours très proche de celui des organisations professionnelles qui cherchent également à faire respecter la rémunération des auteurs ?

Pour lutter contre le vol des photos par les entreprises, il nous faut une communication responsable menée conjointement avec toutes les parties prenantes. Or avec l’UPP j’ai l’impression que nous sommes le bouc émissaire du secteur. Je suis profondément pour un débat ouvert sur cette question, mais à chaque fois mes interlocuteurs adoptent une approche juridique sans rapport avec la situation à laquelle nous devons faire face. Fotolia avance finalement avec un dispositif pour éduquer les utilisateurs d’images en entreprise.

Vos licences d’usages sont inspirées du droit américain, mais pourrait-on imaginer un aménagement des contrats pour vous rapprocher des principes défendus par les organisations professionnelles françaises ?

Fotolia propose une licence d’utilisation d’image sans limite de temps mais, à la demande des auteurs, nous pouvons tout à fait limiter les usages dans la durée. Nous respectons le Droit français à la lettre et pour les 14 pays dans lesquels nous sommes présents, nous adaptons l’application des contrats à la réglementation locale. Le fait d’avoir commencé en France nous permet de respecter la législation la plus sévère.

Les licences Creatives Commons sont-elles un risque pour vous ?

Les utilisateurs professionnels de licences CC (créatives commons) prennent beaucoup de risques, notamment en matière d’autorisation des personnes représentées. Le droit d’utiliser des photos « données » par leur auteur n’offre aucune garantie légale sur le contenu des photos. Nous disposons chez Fotolia de plus de 300 000 autorisations écrites prêtes à être envoyées aux clients qui en font la demande.

Quelles perspectives pour 2011 ?

Des investissements au sein d’AudioMicro début février (pour 750 000 dollars – ndlr) nous permettent d’élargir notre offre vers les contenus musicaux et les sons « libres de droits ». Nous projetons également d’implanter Fotolia dans de nouveaux pays et continuons nos efforts pour sensibiliser les utilisateurs d’images aux règles de propriété intellectuelle. L’ouverture de notre plateforme à des fonds photographiques proposées par des agences renommées nous permet d’associer à notre site à une offre nouvelle… le marché n’est donc pas fermé, tout le monde peut prendre sa place. Il suffit de sentir les tendances et de délivrer des contenus de qualité en fonction des besoins du marché. Les photographes qui produiront des images d’action, de ski ou de football en vendront beaucoup en 2011, c’est sûr.


Instagram : l’irrésistible esthétique « vintage » de l’argentique

18 mars 2011

Instagram (application iphone et réseau social) s'appuie sur le partage de photos personnalisables à l'aide de filtres très "Vintages" imitant les rendus de la photo analogique.

"Cliquez sur les photos que vous préférez. Les meilleurs photographes émergeront." A voir sur http://instawar.org/

Le fait

Instagram est une application iphone associée à une plateforme de partage de photographies. Lancé en octobre 2010 son succès a été immédiat, puisqu’il compte aujourd’hui plus d’un million d’adeptes. Toutes les photos sont au format carré, et grâce à la capacité de traitement du iphone, des filtres et effets créatifs « vintages » peuvent être appliqués à la volée. Comme sur Twitter on peut suivre des personnes et visualiser leurs images. Trois nouveaux services lui ont été associé depuis début mars 2011 : Prinstagram* (impression grand format ou sous forme de sticker) ;  Instagrid (visualisation de toutes vos photos Instagram) ; et enfin Instawar (service de vote de la qualité esthétique entre des photos présentées en diptyque). Pour ce dernier service vous pouvez retrouver le résultat du vote des internautes sur le site Instagreat  (en cliquant ici).

(*) Le service d’impression est déjà connu des lecteurs de Décryptages, puisque nous l’avions décrit en décembre 2010 ; pour des question juridique, celui-ci a été rebaptisé Social Print Studio.

Le décryptage

Instagram propose un concentré de l’ensemble des tendances qui aujourd’hui traversent les usages photographiques sur Smartphone : partage instantané, interactivité,  effet créatif  « vintage » s’inscrivant dans l’Histoire de la photo argentique (effets sténopé, Lomography, Polaroid, Ekta vieilli…). Comme nous vous l’évoquions en janvier dans notre post « L’émotion augmentée », les fonctions de cette application « réenchante » la conversation visuelle qui s’établit entre les mobinautes. Aujourd’hui, cette évolution est rendue possible par la puissance de calcul embarquée dans un iphone permettant de transformer une photo banale est  « œuvre » personnelle. Et cela sans ordinateur, sans Photoshop, sans connaissance… De l’autre la capacité d’exposer « sa » créativité  en choisissant « son » effet en deux clics dans une bibliothèque d’effets très à la mode. Il ne s’agit pas tant de bénéficier d’effets numériques réussis en téléchargeant Instagram sur son iphone, que de conjuguer les dimensions participative ET créative au plaisir de photographier au quotidien. La soumission des photos au vote des mobinautes renforçant la dimension ludique qui favorise l’exposition sociale inhérente à toute présence sur les réseaux sociaux. Dans cette dose d’effet numérique, c’est à dire de fiction introduite dans un message instantané, peut-être devrions-nous voir le besoin du grand public de s’éloigner du document précis, trop informatif pour communiquer avec émotion… Dans un de ces derniers éditoriaux (à lire ici), André Rouillé* fait le constat que  « Le monde a tant changé qu’il est devenu impossible de le photographier comme hier ». Ajoutons : a fortiori pour le partager dans l’instant.


20 millions de Français sur Facebook

18 mars 2011

Le fait

La communauté Facebook a atteint fin janvier 2011 quelques 20 millions d’abonnés actifs en France, et plus d’un demi-milliard d’humains ont ouverts un compte sur le leader des réseaux sociaux. En France, 60 % des utilisateurs se connectent chaque jour selon Damien Vincent , dirigeant de la filiale française du géant californien. Celui-ci précise dans les colonnes des « Echos » du 1er février que Facebook touche neuf jeunes sur dix ! Et les catégories plus âgées, rattrapent leur retard estime-t-il.

Le décryptage

Facebook n’est plus un média générationnel. Les chiffres du baromètre API/Ipsos 2010 attestent ce que le dirigeant de la filiale française affirme, avec une généralisation du partage d’images via les réseaux sociaux : 33 % des pratiquants de photo numériques ont utilisé ce mode de partage gratuit en 2010 (ils étaient 18 % en 2008).  Sept  consommateurs sur dix disent consulter en ligne des photos réalisées par leurs proches et quatre sur dix mettent en ligne des photos sur les sites communautaires. Selon Fred Ritchin, professeur de photographie et auteur de « Au-delà de la photographie, le nouvel âge » (Victoires Editions), quelques 750 millions de photographies ont été téléchargée sur Facebook au nouvel an 2011… soit en deux jours près de 40 % de l’ensemble de la production de tirages réalisés en France au cours de l’année 2010 ! (soit 1,9 milliard de photo équivalent 10×15 selon Future Source Consulting). Si l’usage de ces sites se développe auprès du grand public, c’est sans illusion sur leur capacité à préserver durablement les images qui y sont téléchargées : en deux ans le niveau de confiance envers les sites de stockage et de partage des images a chuté de 10 % : si en 2008, 40 % des internautes déclaraient avoir confiance, aujourd’hui ils ne sont plus que 30 % (source baromètre API/Ipsos 2010). Une évolution qui révèle que tout reste à faire pour gagner la confiance du public autour de la préservation patrimoniale des images « dans les nuages ».


Une vraie rupture de sensibilité

18 mars 2011

Le fait

En attendant l’arrivée d’une version économique* prévue pour l’été, les essais du caméscope Sony Super 35 PMW-F3* à capteur 4/3 (23,6 x 13,3 mm) se poursuivent aux Etats-Unis. Les loueurs** ne tarissent pas d’éloges pour le faible niveau de bruit des images tournées en très basse lumière (tournage à la bougie comme dans l’exemple à voir ici), remettant en jeu le standard de qualité connus à ce jour dans de telles conditions de prise de vue.

(*) Le Sony Super 35 NXCam présenté le 4 janvier 2011 dans « Décryptages ». (**) Hello World Communication à New York pour cet exemple.

Le décryptage

Comme pour un appareil photo le rendement du capteur d’un caméscope dépend en premier lieu de la surface utile des photosites qui le composent. L’adoption de grands capteurs sur les nouvelles générations de caméscopes professionnels (Sony Super35 NX Cam et Panasonic AF100) se solde sans surprise par une élévation conséquente de leur sensibilité (de x4 à x6 fois) que les vidéastes vont pouvoir exploiter (fin mars 2011 pour le Sony F3). Dès lors, la supériorité du mode vidéo HD des reflex sera challengé et une intense compétition se fera jour (au même prix qu’un reflex pro HD pour les Panasonic AF100 et le Sony NXCam, et quatre fois plus cher pour le Sony PMW-F3). Cette concurrence profitera autant aux photographes qu’aux vidéastes d’ailleurs. Si la question technique est résolue (en vidéo HD…, mais le 4K se profile déjà !), il reste celle des nouveaux usages. On l’a vu lors de la présentation du Nikon D3s en 2009 testé par le photographe animalier Vincent Munier. L’appareil parvenait à photographier merveilleusement des ours plongés dans une demi-pénombre, là où le photographe déclarait avoir bien du mal à voir son sujet dans le viseur ! Avec une telle rupture de sensibilité, c’est bien de nouvelles possibilités créatives qui s’offrent au monde des vidéastes, comme à celui des photographes. Avant que de telles prouesses n’étonnent plus personne !