Entretien avec Sébastien Rohart président de Photobox

S Rohart Photobox

Sébastien Rohart, président de Photobox pour l'Europe

En France 89 % des albums photos personnalisés et 25 % des tirages sont réalisés en ligne. Une position qui doit inciter les réseaux physiques à mieux cerner le ressort du marketing en ligne, afin de jouer la complémentarité et l’excellence. Une des raisons qui m’a fait rencontrer Sébastien Rohart, président de Photobox* pour le continent européen. Un entretien sans langue de bois, quitte à être déstabilisé par la rudesse des propos…

Fin 2007 vous étiez 63 personnes à Sartrouville, aujourd’hui vous êtes plus de 120 personnes. Où va Photobox ?

Nous allons finir l’année avec un CA qui s’équilibrera à 50/50 entre tirages et albums. En 2010, l’activité impression sur Indigo (production d’albums) sera largement dominante. Pour le tirage, le marché et le réservoir de croissance se trouvent en magasin, donc on va chercher les clients en magasin. Et on pousse le livre photo, car nous vivons grâce aux livres photo que nous produisons nous mêmes. Je plains ceux qui ne produisent pas eux-mêmes, car leur marge est externalisée.

La stratégie est donc la bonne pour ces deux marchés. Reste notre troisième priorité, l’Europe. Nous servons dix pays aujourd’hui, et venons de remporter l’appel d’offre d’ICA, leader de la grande distribution en Suède …sans même y être installé physiquement !

Qu’est ce qui vous permet d’avancer si vite ?

Nous faisons du marketing pour des clients. Le marketing c’est ce que le client veux entendre. Je mets au défit le retail de faire du marketing aussi pertinent, car leurs parts de marché est insuffisante. Avec Mypix ou Photoweb , nous sommes promophiles, car c’est le modèle économique de l’Internet. Dans un marché en plein développement nous voulons de la part de marché, car nous ne voulons pas laisser les choses se faire ! En temps de crise, c’est le prix qui compte. Je crains que le retail ne soit en train de vivre sur les albums ce qui s’est passé pour les tirages…  Qu’est ce que vous voulez faire ? : manier la photo de la grand-mère derrière une borne d’un magasin … ? Non, la valeur d’usage de l’Internet c’est de vouloir passer une ou deux heures derrière l’écran de son ordinateur, tranquillement installé chez soi…

A part le prix bas, qu’est ce qui vous distingue des autres prestataires ?

Tout d’abord, ceux qui disent que le Web a une logique de destruction de valeur, ceux là n’ont pas compris le marché ! Mais je concède qu’avec un modèle « retail » vous ne pouvez pas faire autrement…

Ce qui nous distingue, c’est l’hébergement. La vente d’albums que nous avons lancé récemment n’est possible que si vous hébergez l’outils de création d’albums. Ceux qui ont fait le choix de diffuser le logiciel en local ne peuvent pas accéder à ce service. Avoir un système intégré permet de gérer la sécurité d’accès, mais également les dispositions légales : il faut gérer les droits et la modération.

Qu’en est-il des cycles d’utilisation des photos par vos clients ?

Nous sommes au cœur du réacteur marketing qui fait notre force, car 10 à 20 % des ventes sont issues du partage. Mais ce sont des cycles de ventes très longs. Nous savons à quel moment il est plus intelligent de parler de livres à nos clients… les métadonnées associées au fichier images nous renseignent sur la date de prise de vue. Je ne pousse jamais une promotion par hasard. C’est ce qui explique nos parts de marché. Et pourquoi nous travaillons avec des gens de pur marketing. Venant de la banque, je sais ce que c’est qu’un marketing compliqué. Et le livre est également très complexe. Nous travaillons beaucoup sur ces données et nous ne sommes pas au bout de nos découvertes. C’est tellement riche que nous nous concentrons que sur les livres !

Vous envisagez d’exploiter à des fins marketing d’autres métadonnées qui seront présentes avec les fichiers images ?

Nous avons un taux de pénétration de 5 à 6 % sur les albums dans la population française, donc tout ce qui est gadget, comme la reconnaissance faciale, la géolocalisation, nous en reparlerons lorsque nous aurons atteint 25 % de pénétration…

Et à propos de préservation des photos, le marché est-il mûr ?

Nos clients sont des clientes qui ont des enfants de 1 à 10 ans. Donc actuellement ces mamans ne se posent pas la question de la préservation. Elle se posera dans dix ou vingt ans. A partir du moment où je stocke les photos sans limite de temps, c’est très économe d’avoir les données de création stockées…

Le livre c’est le blog sur papier. Derrière ce marché ce sont des valeurs très profondes sur lesquelles nous travaillons. Quand on leur demande pourquoi elle font un livre, nos clientes nous répondent… « parce que je veux le garder toute ma vie… ! »

(*) Photobox compte parmi les cinq leaders européens des services photo en ligne.
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2 Responses to Entretien avec Sébastien Rohart président de Photobox

  1. bruno r dit :

    Quant est il des cycles d’utilisation: bravo l’orthographe du journaliste….

    Qu’en est-il…..

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