Les chiffres de la photographie en France en 2010

Chaque année, l'Observatoire des professions de l'image fait le point sur des milliers de données chiffrées afin de mieux comprendre le dynamisme et le ressort du secteur de la photographie.

L’Observatoire des professions de l’image est paru fin mai. Ce document annuel édité par l’API* que j’ai le plaisir de rédiger depuis 1998, détaille les tendances de la consommation photo en France et tente d’expliquer les phénomènes qui transforment notre secteur en mettant en valeur l’évolution des comportements les plus significatifs. Ce document de vingt pages (1,2 Mo) est téléchargeable en cliquant ici.

Retenons ici dix points essentiels :

La bonne tenue des ventes d’appareils est liée au régime d’hyper-partage qui s’est développé autour des réseaux sociaux : en 2011 le nombre de photo téléchargées sur le seul site Facebook sera équivalent à celui de l’ensemble des photos produites en 2001 dans le monde (soit 84 milliards !).

Le décloisonnement des métiers de la photo s’étend aux amateurs : leur professionnalisation est une conséquence de leur expertise numérique notamment celle développée par les digitals natives. Ce phénomène soutien le marché des équipements et accessoires professionnels.

La personnalisation devient impérative sur le marché des services. Le qualitatif chasse le volumique, avec une profitabilité supérieure. Le phénomène scelle la mort progressive du tirage 10 x 15.

• L’album personnalisé poursuit son essor (+ 16 %), mais les consommateurs/trices qui l’adoptent n’en réalisent en moyenne que 1,4 par an. L’automatisation, l’instantanéité, l’assistance et la simplification de la commande deviennent les conditions pour conforter le développement du secteur.

• Les ventes d’appareils à objectifs interchangeable restent soutenues (+15%), tandis que se multiplient les appareils photo qui « panachent » les solutions technologiques disponibles (viseur électronique, viseur mixte optique/électronique, miroir fixe, viseur optique accessoire…etc.). Cette plasticité technique autorise une segmentation foisonnante du marché. Clarifier l’offre en magasin devient un enjeu commercial majeur.

• Si la progression de 50 % du nombre de photos réalisées avec les téléphones fut un point marquant de l’année 2010, rien n’indique que cet essor contrarie l’utilisation des appareils photo qui délivrent une qualité très supérieure. Entre ubiquité et qualité les pratiquants arbitrent en experts !

• La qualité — particulièrement la qualité « cinématographique » (faible profondeur de champ)­— délivrée par les reflex qui proposent un mode vidéo HD (65% des modèles), a révolutionné les pratiques de production professionnelle. Les amateurs se sont saisis de cet outil de tournage fantastique, provoquant des effets de marché vertueux, comme l’engouement pour les focales fixes (+15 % en 2010, 44 % sur le 1er quadrimestre 2011 selon GfK) !

Le marché de la photo d’art se porte très bien. Foires et festivals se développent partout en France, avec un visitorat croissant. Si un plus grand nombre d’auteurs sont en contact avec le public, leur compétence sociale devient déterminante pour monétiser cette popularité éphémère. Le monde porte aux nues la photographie, mais ne veut rémunérer que les stars confirmées.

La photographie d’identité redevient l’affaire des photographes de proximité après trois années de bagarre et de « concurrence déloyale » de l’Etat, fustigée par les membres de l’API. L’Etat a bouclé son business avec Sagem Sécurité et Atos Origin, en tirant les fruits à l’export de cette vitrine biométrique française. Il était temps : les maires de France ne pouvaient supporter plus longtemps de voir leurs agents accaparés par cette tache supplémentaire qu’ils n’étaient d’ailleurs incapables d’assurer à 100%.

• La photographie numérique est au cœur de la société numérique en étant désormais utilisée quotidiennement par tous sans référence aux modalités d’usages de l’argentique. L’attrait pour ce médium associé au désir de performance et d’épanouissement de soi pousse un nombre croissant d’amateurs à se perfectionner au contact des professionnels, ce que le succès des stages atteste. La transmission devient donc une opportunité de business pour ces derniers, alors que la dérégulation du marché de la vente des images n’a jamais été aussi défavorable pour leurs revenus.

(*) : Association pour la Promotion de l’Image. Les données quantitatives délivrées par les fabricants via le Sipec et qualitatives recueillies par sondage chaque année pour les besoins du baromètre API/Ipsos permettent à ce document annuel de délivrer des milliers de chiffres intéressants sur le marché photo français.

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