Memoto : « Remember every moment »

11 novembre 2012

L’appareil miniature Memoto se clipera à la boutonnière de l’utilisateur et enregistrera automatiquement des photos ou des vidéos. Une application smartphone lui sera associée pour son pilotage et l’organisation des images enregistrées.

Le fait

La start-up suédoise Memoto projette de fabriquer un dispositif de prise de vue miniature (9 x 22 x 22 mm) ayant recours à un objectif grand angulaire. Celui-ci pourra se fixer sur soi grâce à un clip et enregistrer des photos ou des vidéos automatiquement. Les images seront transmises par WiFi au Cloud afin de créer une time-line photographique de son utilisateur. Evidemment les données de géolocalisation accompagneront chaque image. Ce projet est financé par crowdfounding sur le site kickstarter.com . La start-up ambitionne de recueillir 700 000 dollars pour son développement (le niveau de financement atteignait déjà 458 000 dollars le 11 novembre à 1 h du matin !).

Le décryptage

Les bijoux photographiques ne sont pas nouveaux dans l’histoire récente de la photographie numérique (voir ici le collier Nokia commercialisé en 1999), ni la volonté d’enregistrer la totalité de sa vie avec un appareil photo (phénomène connu sous le terme de lifelogging dont le blog totalrecallbook.com traite avec expertise). Dès 2001 un projet de recherche Microsoft baptisé MyLifeBits a débuté l’exploration de cette pratique afin d’en dessiner les contours et les répercussions. Depuis cette époque, l’amélioration des capacités de captation et de stockage permet de porter un nouveau regard sur ce type de projet stupéfiant (ou effrayant !) : il suffit seulement de 200 téra-octets de mémoire pour stocker 83 ans de vie en vidéo, ce qui ne constitue plus un frein technologique, et encore moins économique avec le Cloud… L’exposition de soi sur les réseaux sociaux étant déjà devenue une nouvelle norme de relation sociale, il n’est pas exclu que l’avenir nous réserve des surprises : le cabinet de prospective envisioningtech a d’ailleurs prophétisé l’avénement de la vidéo pervasive dès 2015 (voir notre post du 31 juillet 2012 en cliquant ici). Les ressources conjuguées de la reconnaissance visuelle et de l’analyse d’événements importants (comme c’est déjà le cas en surveillance vidéo pour les faits suspects, voir ici) pourrait donner raison à terme à cette jeune start-up…

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Le futur des technologies à l’horizon 2040

31 juillet 2012

Les hypothèses prospectives formulées par Michell Zappa sont représentées selon leur importance (diamètre des pastilles), leur impact en termes de consommation (couronne colorées) et leur nature technologique hybride (couronne en forme de fleur). Le boom de la photo computationnelle est par exemple, annoncée pour 2023 ! (pour afficher le document complet en grand format, cliquez sur l’image ci-dessus).

Le fait

Dirigée par Michell Zappa, la société américaine envisioningtech produit des scénarios permettant d’imaginer l’impact des technologies futures dans notre vie. Adepte du data-maping, Michell Zappa a réuni sur un seul document (à afficher en cliquant ici) les hypothèses qu’il formule pour les 30 prochaines années.  La représentation graphique adoptée renseigne sur l’émergence de ces technologies, leur importance, leur impact économique et leur nature selon onze catégories choisies par l’auteur.

Le décryptage

Dans l’exercice difficile de prospective, la question est toujours de savoir  comment nous préparer à accueillir des technologies qui arriveront infailliblement en obligeant les filières professionnelles à préparer ces mutations efficacement. Si nous nous penchons ici sur le seul secteur de l’image (mais on comprend vite que celui-ci n’est plus une entité à part, car l’imagerie est au cœur de toutes les technologies du futur), Michell Zappa estime que la capture vidéo pervasive (permanente) deviendra monnaie courante à partir de 2015 et que les écrans souples partiront à la conquête du marché au même moment, tandis que la capture 4K s’imposera. A partir de 2018, les picoprojecteurs entrereront dans nos vies, tandis qu’avant 2020 les dispositif d’observation automatiques se déploieront et que les vêtements intègreront des solutions d’affichage. Le prévisionniste envisage un avenir radieux à la photographie computationnelle qu’il définit comme une technologie hybride (à la croisée de plusieurs technologies) et qu’il place dans la catégorie “seniors » (capteurs) !

Aucune des voies explorées comme prometteuses ne font l’impasse sur le numérique qui est au cœur de toutes les technologies futures. Dans une société devenue en vingt ans 100% numérique où rien n’est créé aujourd’hui sans recours aux moyens de calcul et de modélisation, ces perpectives sont passionnantes. Elles peuvent être également perçues comme inquiètantes pour les professionnels, les bénéfices d’usages immédiats de nouvelles technologies favorisant rapidement leur adoption, sans toujours laisser le temps à l’ensemble du corps social ni à l’économie des filières de s’adapter. Face au trop plein de numérique préfiguré par ces prévisions, les individus auront la nécessité de s’y soustraire en redécouvrant des savoirs et savoir-faire d’hier. Le boom du phénomène vintage et de la redécouverte des pratiques anciennes, —  dont les marchés du luxe et de l’art font leur miel —  illustre déjà parfaitement ce phénomène. Le passé a de l’avenir !