Tendances Photokina 2012 (1) : le salut par l’hyper-qualité

21 septembre 2012

Le Sony DSC-RX1 est un compact à capteur 24 x 36 qui symbolise la volonté de toute une industrie de sortir vers le haut de la concurrence avec les smartphones et du risque de saturation de marché. Il concentre tous les superlatifs dans un compact miniature dont le design et l’ergonomie néo-classique réjouit toutes les générations.

Le fait

Cette Photokina restera celle du boom des appareils à capteurs plein format. Toutes les familles d’appareils sont concernées : les reflex semi-professionnels  (Nikon D600, Canon EOS 6D, Sony Alpha 99, Pentax K3…), les compacts à objectifs interchangeable (Fuji X-E1) et même les compacts miniatures (Sony DSC-RX1).  Ces capteurs de grande taille sont commercialisés par des industriels qui sont désormais en mesure de les produire à des coûts (plus) réduits. Leurs usages ne se limitent pas aux appareils photo : les caméras de surveillance sont également concernées (voir ici et )  !

Le décryptage

La sortie simultanée de reflex et de compacts à capteurs plein format à Cologne donne le signe évident d’une offensive des fabricants photographiques vers l’hyper-qualité : si les limites sont repoussées, c’est autant pour une question de saine concurrence et de soutien à la consommation par l’innovation, que pour creuser l’écart avec les smartphones. Conséquence directe de cette élévation du niveau de performances des capteurs, les objectifs doivent suivre. L’optique n’étant pas une discipline qui obéit à la loi de Moore, il faut trouver des solutions : les focales fixes sont redécouvertes comme dispositifs optiques performants et économiques. Le marketing et les distributeurs font leur miel de ce retour, le marché les conforte avec une croissance des ventes de 34 % (source GfK) sur le premier semestre 2012 (voir le cahier Repères du Monde de l’image de septembre).  Le succès de la gamme Samyang, l’offre alléchante de Voigtländer, le lancement de la série f/1,8 de Nikon en valisette numérotée… et la sortie d’une gamme haute qualité chez Zeiss adapté aux capteurs de plus de 30 mégapixels, attestent de ce mouvement généralisé. Dans ce contexte, le 50/1,8 standard se convertit quarante années plus tard en objectif ultra-lumineux permettant — aux dires des journalistes et des services marketing — de gérer l’effet de profondeur de champ ! On peut s’en amuser… mais surtout se réjouir des bénéfices apportés par cette évolution :  l’élévation de la sensibilité des capteurs et la précision de la mise au point automatique, y compris en basses lumières, autorise la prise de vue là où elle était impossible  il y a encore cinq ans ! Tous les consommateurs profitent de ces avantages apportés par ce mix optique/numérique. La montée en qualité et en valeur sont donc les deux réponses des fabricants à la concurrence montante des smartphones et pour faire face à une demande d’un public de passionnés en quête d’innovations « visibles ». Les hybrides (compacts à objectifs interchangeables) et les compacts experts apportent une valeur de différenciation évidente dont les réseaux de distribution devraient pouvoir profiter dans les mois à venir.

Parrallèlement à cet extraordinaire essor vers une qualité inconnue jusqu’alors en photographie, la connectivité devient le nouveau défi majeur de l’industrie photographique. L’emphase n’est pas mise sur ce terrain à Cologne (sauf chez Samsung qui veut creuser l’écart par rapport à ses concurrents), mais toute les marques savent que la lutte sera rude sur ce terrain dans les prochaines années. Nous reviendrons prochainement sur cette seconde tendance de la photokina 2012…


Des photos « parfaitement imparfaites »

21 septembre 2012

Les nouveaux usages sociaux de la photographie ont transformé la communication des marques. Pour les rédacteurs de l’étude Curve, « l’instantané numérique du 21ème siècle est un genre de photographie, rapide, improvisée, plus proche de l’expérience que de la documentation visuelle… »

Le  fait

L’étude « Curve » de Getty Images, qui étudie les tendances du monde de l’image afin d’anticiper la demande du marché, s’est intérressé cette année à la manière dont les nouveaux usages sociaux de la photographie ont transformé la communication des marques. Les rédacteurs de Curve formalisent nombre de pistes connues, mais largement commentées afin que les professionnels puissent s’en saisir pour augmenter l’efficacité commerciale de leur production. Parmi les points essentiels mis en exergue dans ce rapport, la valeur « authenticité » est celle qui caractérise le plus la nouvelle photographie du XXIème siècle. La recherche de l’image « parfaitement imparfaite » par les agences pour les campagnes publicitaires de leurs clients n’est pas une lubbie, mais une réalité. Cette tendance lourde se conjugue avec l’exigence d’instantanéité, faisant de la connectiviét « non plus une idée marketing ambitieuse mais une expérience très réelle pour le consommateur ». Le rapport rappelle par ailleurs que la photographie est considérée par le monde de l’Internet comme l’application « tueuse », (grâce au demi-milliard de smartphones vendus au cours de l’année 2011), annonçant selon Nicholas Mirzoeff, Professeur de Medias, Culture et Communication à New-York l’ère  de l’auto-image ou « photograffiti ». Les rédacteurs de l’étude rappellent enfin que l’instantané numérique du 21ème siècle est un genre de photographie, rapide, improvisée, plus proche de l’expérience que de la documentation visuelle, ce qui la rend précieuse aux yeux des publicitaires et des marques…

Le décryptage

Pour les photographes qui placent leur vie professionnelle sous le signe de l’exigence, les tendances décrites dans ce rapport pourront paraître déstabilisantes. Si les agences recherchent désormais des images « improvisées », « parfaitement imparfaites » selon les termes de l’étude, l’exigence de qualité formelle peut  devenir un inconvénient. Mais il faut plutôt considérer au contraire que l’expérience de la prise de vue en situation, sur le mode du reportage, devient un atout extraordinaire… Il faut être convaincu par ailleurs que le regard et l’engagement d’un auteur sont pleinement garants de cette authenticité que le marché réclame. Reste la capacité à inscrire un travail photographique de qualité dans une histoire authentique où l’intensité d’une expérience, sa force émotionnelle jusqu’à sa possible imperfection visuelle deviennent une formidable gage de vie… ce que recherche au final le marché. C’est probablement à ce risque délibérément pris et assumé que les photographes professionnels de talent se reconnaissent. Nous le savions déjà…  mais l’étude Curve nous le rappelle utilement.


Indexation automatique par code à barre

21 septembre 2012

Une douchette pour lire le code barre du produit photographié, un module Bluetooth qui reçoit les informations pour leur inscription dans les champs IPTC de l’image. Un dispositif d’indexation rapide proposé par Foolography.

Le fait

La société allemande Foolography spécialisée dans la géolocalisation des images propose plusieurs modules WiFi et Bluetooth compatibles avec les reflex Nikon. L’un d’entre eux permet d’embarquer dans les métadonnées associées aux images, le code barre 1D (code à barre le plus courant) des produits grâce à une douchette Omnicom reliée en bluetooth au module connecté à l’appareil. L’appareil enregistre les données qui lui sont transmises dans un des champs IPTC de l’image. Grâce à ce dispositif le photographe procède à une indexation immédiate et automatique des images des produits qu’il réalise en série.

Le décryptage

En prise de vue industrielle la réponse aux nouveaux besoins des cliens passera par des modes d’indexation automatique des produits photographiés. En attendant le déploiement des puces rfid qui pourront interagir sans fil avec l’appareil ce dispositif Foolography paraît apporter une réponse aux exigences de la logistique marchande : échanger des données toujours plus riches sans risque d’erreur. Dans cette logique si particulière de photographies de produits prises en série destinées à documenter des catalogues de marques l’apport de métadonnées renseignées s’avère indispensable. Finalement, on peut se poser la question de savoir à quel moment ces métadonnées deviendront obligatoires (via une norme ?… ) dans les échanges de visuels de produits entre les fabricants et les distributeurs… ?