Boom olympique sur la prise de vue robotisée

Reuters estime être la première agence de news à systématiser le recours à des solutions de prise de vue robotisées pour le sport, donnant naissance au nouveau métier de « remote camera editor ». Pawel Kopczynski nous décrit son rôle et les atouts de tels dispositifs sur les JO (cliquez sur la photo pour visionner son interview). © Reuters

Le fait

L’AFP, Getty Images et Reuters communiquent sur l’usage d’appareils photographiques robotisés sur les sites des JO comme l’évoque le sujet de Pierre Caillaud pour Focus numériques à propos des solutions mises en œuvre par Reuters cet été à Londres. Le recours à de telles solutions de pilotage à distance ne sont pourtant pas à leurs débuts (voir l’interview de François Marit  de l’AFP par Benoît Marchal pour Déclencheur en 2008), mais  l’ampleur des moyens qui sont déployés indique que désormais rien ne peut être envisagé autrement autour des événéments couverts par les photographes professionnels.

Le décryptage

L’arrivée de la visée vidéo en temps réel (fonction LiveView) sur les appareils reflex n’a pas seulement permis de convertir les amateurs de compacts à passer au reflex sans perdre leurs habitudes. Moyennant des liaisons hertziennes ou filaire s’est aussi pour les professionnels une solution pour photographier et filmer à distance, associés ou non à des supports et des zooms motorisés. L’incursion de la vidéo sur les reflex aura renforcé l’intérêt pour ces dispositfs de capture d’images à distance qui peuvent le cas échéants être connectés sur le réseau broadcast (moyennant une fonction genlock).  Les différentes expériences relatés par les vidéos jointes (ici et ) montrent que disposer de nombreux appareils là où aucun photographe ne serait être autorisé à rester physiquement devient une nouvelle source de créativité et de singularité photographiques. La possibilité pour un photographe de piloter plusieurs appareils n’est pas le moindre des arguments en faveur de ces équipements qui multiplient sa capacité à saisir la réalité d’un événement en adoptant des points de vue spectaculaires. Pour les professionnels, ces solutions qui s’imposeront de plus en plus peuvent légitimement être source d’inquiétude : par l’ampleur des moyens financiers à déployer pour mettre en œuvre de telles solutions (même si les loueurs de matériels disposent de dispositifs ad hoc) ; par la potentielle privation de droits d’auteurs si ces équipements étaient mis en œuvre sans leur concours. L’excellent sujet de Lionel Maurel  « Photomaton : l’automatauteur ? » rend bien compte de la fragilité du droit autour des images créées par des machines (photomaton, caméra GoogleEarth ou satellites d’observation…).  Pour le photographe qui souhaitent profiter pleinement de ces nouveaux moyens techniques — et ne pas être relégué à un statut d’opérateur — le challenge consistre à se positionner comme chef d’orchestre d’un projet de prise de vue permettant de créer des images impossibles à obtenir autrement. L’arrivée de solutions économiques comme celles proposées par GoPro comme nous l’évoquions dans notre billet de la fin juin « des appareils à visée à distance « contribuera sans doute à intégrer cette dimension dans les travaux de commandes (mariages, cérémonies, inaugurations, spectacles…).

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