Lytro ouvre l’ère de la photo computationnelle

L'appareil plénoptique Lytro, qui adopte une ergonomie singulière afin de frapper les esprits, produit des images dont le plan de mise au point peut être ajusté a posteriori. Ce n'est que la partie ludique de cette technologie, car la capture 3D plénoptique ouvre le champ à de très nombreuses applications révolutionnaires. Nous entrons dans l'ère de la photo computationnelle.

La capture 3D permet la retouche de la mise au point après la prise de vue en introduisant une nouvelle interactivité entre le photographe et le spectateur de l'image.

Le fait

La société californienne Lytro annonce la commercialisation au printemps 2012 au prix public de 399 et 499 dollars (selon sa mémoire interne) d’un appareil photographique dit « plénoptique » : cette technologie fait appel à un réseau lenticulaire placé devant le capteur de l’appareil afin de prendre en compte l’ensemble des rayons du champ lumineux  (luminance et chrominance) issu de la scène photographiée,  ainsi que leur orientation ce qui permet une reconstruction 3D de l’image via un algorithme ad hoc. Il est dès lors possible d’intervenir a posteriori sur l’image pour modifier la zone de mise au point (en s’affranchissant du « plan de mise au point » comme on le conçoit en optique traditionnelle). Le développement de cet appareil grand public à capture de champ lumineux (lightfield camera) est issu des travaux de son fondateur le Dr Ren Ng et de ses travaux sur la capture d’images multiples à l’université de Stanford (voir ici « l’appareil » expérimental). L’entreprise indique avoir levé 50 millions de dollars lors d’un premier tour de table.

Le décryptage

Présenté comme un appareil gadget d’usage ludique fournissant des images de piètre résolution dont il est possible de faire varier le plan de mise au point après la prise de vue, le Lytro est bien plus que cela. Force est de constater qu’il introduit une rupture dans le mode d’enregistrement des images fixes et animées. Son industrialisation ouvre la voie aux technologies photographiques non conventionnelles avec des développements potentiels considérables qu’Adobe a baptisé  « photo computationnelle » (voir la conférence Adobe enregistrée en 2007 par Luc Saint-Elie en cliquant ici). En intégrant la 3ème dimension à la capture d’image par l’usage d’un dispositif optique plénoptique, les applications sont infinies, qu’il s’agisse d’analyse temps réel 3D  (détection et analyse de trajectoire pour l’automobile), de photo autostéréoscopiques  (voir ici), d’analyse biométrique (cliquez ici), d’identification d’objets (indexation automatique), de contrôle qualité (ici), d’imagerie médicale, de correction ophtalmique dynamique, de photographie d’action, ou encore de reconstruction et de modélisation 3D (voir ici)… le champ est tellement vaste qu’il pourrait bien faire muter une partie de l’activité de visualisation sur écran vers de nouvelles frontières.

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