2010, année de tous les records

1 février 2011

Les ventes d’appareils photo ont dépassé la barre des 5,6 millions de pièces (+5%) en France, constituant un nouveau record historique. La valeur elle est en repli (-4,7 %). Source GfK en milliers d'unités.

Le fait

GfK a présenté le 26 janvier le bilan des ventes de l’année 2010 sur le secteur de la photo en France. Le paneliste fait une nouvelle fois état d’un nouveau record des ventes en volume. Les bonnes surprises s’appliquent aux compacts dont les ventes ont progressé de +4,5 % et aux bridges, qui terminent finalement l’année en situation étale ! A noter que ce plébiscite pour les dispositifs de prise de vue (il faut ajouter à ce bilan photo, celui des ventes plus de 20 millions de mobiles à dispositif de capture intégré) s’accompagne d’un pic historique de ventes de téléviseurs (8,5 millions de pièces) et de cartouches d’impression (55 millions de pièces), toujours selon GfK.

Le décryptage

L’appétit photographique n’a jamais été aussi fort dans la population française et les photospécialistes ne peuvent que se réjouir d’une situation aussi favorable malgré l ‘érosion des prix qui sape la profitabilité des circuits de distribution. Pour les photospécialistes les deux segments prioritaires pour 2011 resteront les  reflex et les hybrides dont les prévisions de progression des ventes en volume (respectivement  + 6,4 % et +96 %) compensera l’érosion de leur prix moyen. Le maintien de la valeur ajoutée constitue le défi des réseaux de distribution avec un durcissement de la concurrence entre fabricants : l’effervescence médiatique provoquée par l’arrivée des hybrides Canon et Nikon devrait pousser nombre de curieux dans les magasins et introduire toujours plus d’innovations dans les prochains appareils…. Plus que jamais l’hyperspécialiste photo doit jouer la proximité pour performer cette année, mais également resserrer les liens avec sa clientèle en préparation des prochaines années qui promettent d’être moins bien orientées du côté des compacts… la croissance ne monte jamais jusqu’au ciel !


L’UPP part en guerre contre le « Libre de droits »

1 février 2011

De gauche à droite Olivier Brillanceau, Aline Manoukian, Jorge Alvarez et Maître Jean Vincent lors de l'annonce de la création de l'association "Contre le Libre de droits". © Jean Claude Meauxsoone.

Le fait

Au cours du congrès UPP*,  Jorge Alvarez (secrétaire général adjoint de l’UPP) a déclaré la guerre aux photos dites « Libres de Droits ». Le directeur général de la SAIF*, Olivier Brillanceau et l’avocat-conseil Maître Jean Vincent (spécialiste en propriété intellectuelle) ont tous deux estimés, que le temps était venu où les photographes devaient défendre leurs droits auprès des tribunaux en faisant valoir que la mention commerciale « Libres de droits »  était mensongère  au regard du droit, que d’autre part celle-ci portait atteinte aux intérêts collectifs d’une profession, et qu’enfin le prix dérisoire de cession de ces photos était en infraction avec l’esprit de l’article 1302 du code civil.

En créant prochainement l’association Contre le libre de droits , l’UPP entend déclencher des actions répressives mais insiste sur le volet pédagogique qui sera déployé vers les entreprises qui profitent aujourd’hui de l’effet d’aubaine au mépris de la propriété intellectuelle et artistique. « Il faut redéfinir des pratiques convenables autour de la filière » estime Olivier Brillanceau tandis que Jorge Alvarez plaide pour une nouvelle posture des professionnels : « Nous devons être pédagogues et guerriers au quotidien ».

Le décryptage

Vingt années après l’irruption des premiers CD de photos dites « Libres de droits » (par l’éditeur canadien Corel) et plus de dix années après le déploiement des plates-formes de vente, les photographes relèvent la tête en faisant valoir leurs intérêts face aux diffuseurs en ligne qui exploitent le modèle économique de la longue traîne. Un retard à l’allumage de deux décennies (!) qui aura permis l’ancrage de pratiques que l’UPP espèrent faire reculer avec l’aide des organisations professionnelles françaises et européennes qui seront associées au combat. Le chemin sera long et difficile face à des groupes de communication mondialisés dont le pouvoir économique ­est aujourd’hui immense et qui profitent pleinement de cette quasi-gratuité des photos en regard du prix des photographies dites en « droits gérés ». Pour plaider au mieux la cause des auteurs, l’UPP a deux défis à relever : 1/ éviter la posture corporatiste afin de ne pas être accusé d’entraver la fluidité de la culture et l’innovation sous prétexte de « sauver » les auteurs ; 2/ imaginer une solution en droits gérés aussi simple et accessible que les photos aujourd’hui vendues sous licence… En effet, si la quasi-gratuité a eu un effet majeur dans le succès des libres de droits, la facilité d’accès et d’achat immédiat sur Internet a constitué l’autre vraie rupture. Nous sommes dans une société de production de flux qui ne s’accommode pas de goulot d’étranglement administratifs… mais qui, dans le même temps a horreur du risque juridique. Nous sommes encore loin d’un « Hadopi de la photo » appliqué au BtoB, mais les membres de l’UPP se sentent  suffisamment offensifs pour créer un rapport de force en s’appuyant sur leur cohésion pour ce nouveau combat. Et ça, c’est la bonne nouvelle.

(*) UPP : Union des Photographes Professionnels présidé par Philippe Schlienger (www.upp-auteurs.fr). SAIF : Société des auteurs des arts visuels et de l’image  (www.saif.fr)

Les mots qui font (joliment) sourire

1 février 2011

Une étude Nikon sur les locutions européennes destinées à faire sourire les sujets photographiés place le mot "Oustiti" en tête du palmarès…

Le fait

Nikon Europe a conduit une étude très sérieuse sur les 26 mots utilisés par les photographes européens pour faire sourire leurs sujets. Cinq photos successives ont été prises pour chaque locution afin de déterminer leur influence sur le sourire d’un mannequin. Les photos ont ensuite été analysées par le portraitiste danois Peter Skjold Petersen qui s’est attaché à repérer la locution qui génère l’expression la plus radieuse et la plus naturelle. Le mot « Ousititi » arrive en tête du palmarès permettant aux Français de remporter la palme européenne du sourire. Peter Skjold Petersen témoigne : « En tant que portraitiste, je m’efforce de trouver des techniques pour obtenir de mes sujets un sourire large et détendu, qui égaye leurs traits et fait pétiller leurs yeux. Quand j’ai comparé les résultats des différentes nationalités, j’ai repéré au moins trois beaux exemples de ce sourire-là dans les photos prises avec « ouistiti ». Ce mot permet, entre autres, de placer la langue derrière les dents, ce qui aide à obtenir de plus belles photos ».

Le décryptage

Cette étude réalisée sous le contrôle du linguiste Tim Bowen nous donne non seulement une information pratique amusante mais nous force à examiner la pratique photographique sous l’angle des rituels et des usages. C’est en général le rôle des artistes de s’inscrire dans cette démarche, et on ne peut que féliciter une marque comme Nikon d’enrichir par ses contributions la culture photographique populaire. Héritier d’une culture industrielle encore très prégnante, la société japonaise démontre sa capacité à travailler finement son image en communiquant différemment (MyNClub, Nikon-School, Festival Film Nikon, campagne publicitaire « Je suis »*…). Cette dernière, créée par l’agence Berlinoise Jung Von Matt montre combien la connaissance intime de la place prise par la photographie aujourd’hui a permis à la marque Nikon de se différencier en créant la campagne de communication photo la plus pertinente de l’ère Facebook.

 

(*) La campagne Nikon « Je suis » a été élue par les distributeurs  français « meilleure campagne de l’année 2010 » aux « Images d’Or », prix placé sous l’égide du Medpi et du magazine Le Monde de l’image.