6/ Préserver la mémoire locale (avant que l’irrémédiable n’advienne)

La valeur documentaire et ethnographique des fonds photographiques professionnels "mineurs" jetés en masse depuis dix ans ont-ils si peu d'importance ?

La disparition d’une très large partie du fond photographique de Philips et Guillaume Plisson et de son équipe de Pêcheurs d’images dans un spectaculaire incendie le 19 septembre 2010 aura marqué les esprits : les actifs d’une des sociétés françaises la plus dynamique en matière de production photographique s’envolaient en fumée en quelques heures, laissant plus de 30 salariés sans outil de travail, sans parler de la perte pour leurs auteurs d’une œuvre de plus de trente années de photos maritimes.

En réalité, chaque jour, partout en France depuis dix ans, des fonds photographiques méconnus se sont évanouis dans l’indifférence générale. La fermeture de studios ou de magasins de photographie (plus de 4000 en dix ans) ont été le plus souvent le théâtre de ces disparitions d’archives argentiques, souvent indexées au fil du temps par date, client ou événement…  Fonds secondaires, sans intérêt jugeront les uns, risques juridiques prétextent les autres, centre de coût plus que de profits… la préservation des archives des photographes professionnels « mineurs » sont finalement entre les mains des bénévoles qui se mobilisent pour les déposer en lieux sûrs (qui dans un site improvisé, qui aux archives départementales…). La mobilisation des professionnels locaux eux-mêmes s’impose aujourd’hui pour ne pas perdre ce qui peut encore être sauvé de cette fragile mémoire collective créée par leurs pairs (et parfois concurrents) et dont ils sont les dépositaires légitimes. La vigilance de tous les gens d’images ne sera pas de trop pour sauvegarder ce qui peut l’être encore !

Et vous membre du GNPP, quelle stratégie avez-vous adopté pour préserver vos archives (et celles de vos prédécesseurs) ? (vos commentaires sont les bienvenus !)

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2 Responses to 6/ Préserver la mémoire locale (avant que l’irrémédiable n’advienne)

  1. Cimetière dit :

    Préserver les archives fes fonds secondaires, oui, mais !
    Ma question:
    Après 45 ans d’activité photographique dont 35 en professionnel, que puis-je faire des milliers de clichés qui sont stockés dans une pièce « archives » ? mon successeur (éventuel) n’en aura surement pas l’utilité sur une période si longue …
    Et si je ne vend pas mon affaire, mais un droit au bail tout commerce ?
    Les donner au musée de Chalon / Saône ?
    Cordialement GC

    • jacqueshemon dit :

      Bonjour, je crois que c’est une très bonne idée… à condition que des projets soient développés autour des images de votre fond. Contactez également les archives départementales et voyez comment « l’avenir » de vos archives est envisagé. Deux logiques coexistent : de musée autour de fonds que le conservateur espère valoriser en fonction de l’intérêt qu’il attachera à votre œuvre sur le plan culturel et patrimonial ; d’archives où la conservation est LA mission essentielle. Selon vos aspirations, vos ambitions et votre œuvre elle-même il faut se diriger vers l’une ou l’autre des institutions. Tenez-nous au courant de vos démarches… JH

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