Interview de Sébastien Devaud

Réalisateur chez Akwaba Pro, Sébastien Devaud a troqué les caméscopes professionnels pour le Canon EOS 5 MkII dès le printemps 2009. Sa maîtrise de l'outil lui a permis de devenir "ambassadeur Canon broadcast".


Auteur de l’ouvrage « Tourner en vidéo HD avec les reflex Canon » récemment publié aux Editions Eyrolles », Sébastien Devaud réalisateur et photographe, répond à nos questions.

Comment le mode vidéo HD sur les reflex a-t’il transformé votre pratique professionnelle ?

J’avais cette attente depuis longtemps, sans doute liée à ma formation cinéma.  J’ai été appelé à faire de la vidéo de reportage ce qui me plaisait. Mais si le fond me plaisait, la forme visuelle des images ne me satisfaisait pas. Quand j’ai vu que ça marchait avec l’EOS 5D Mark II, j’étais vraiment ravi.

Cet intérêt précoce m’a permis de résoudre les problèmes rencontrés en tournage et en post-production. Maintenant on vient me chercher pour tourner avec les HDSLR EOS (5DMkII, 7D, 1DMkIV). Toutefois pour faire de la télévision ce n’est pas forcément le moyen le plus adapté. Je ne veux plus passer mes nuits en post-production ! Par ailleurs je souhaite travailler pour des gens qui ont conscience de l’intérêt apporté par cette nouvelle esthétique d’image. Or, il faut le reconnaître qu’il existe une partie des demandes qui visent l’économie sous prétexte que c’est tourné avec un appareil photo… j’y vois là un manque de considération pour les photographes, ce que je déplore.

Le mode vidéo des HDSLR EOS a vraiment stimulé mon activité. On m’a demandé de faire un générique pour Canal +, et j’envisage de travailler avec une photographe italienne spécialiste de photos culinaires pour faire des sujets courts. J’ai envie de partager mon expérience car je suis convaincu de l’aspect fécond de l’échange entre professionnels. Les gens qui ont une spécialité en image fixe ont intérêt à créer des images vidéo de très haute qualité. Sur Internet peut-on vraiment se contenter d’avoir seulement des images fixes ? Le succès des web-documentaires prouvent que la voie est pometteuse.

Et en tournage, c’est très différent d’un caméscope ?

Une à une j’ai résolu les questions de tournage avec les HDSLR EOS. Comme par exemple la surchauffe du capteur et la limitation des cartes à 12 minutes d’enregistrement. Pas question pour moi de réaliser une interview de 30 minutes sans disposer d’un second boîtier! La qualité est exceptionnelle, mais la présence d’une compression ne peut être ignorée (le fichier généré n’est pas comparable à celui d’une caméra Red en 4k sans compression) ; enfin l’effet de déformation des images en mouvement (lié au rolling shutter des capteurs CMOS) existe même si il peut être corrigé en post-production. Par contre les questions de mise au point ne posent pas de vrais problèmes aux photographes. Ce sont les vidéastes qui doivent apprendre ce qu’est une vraie mise au point au millimètre près !

Côté postproduction quelles seraient vos préconisations ?

Je préconise un workflow idéal, professsionnel et pas cher : travailler sur Mac avec Final Cut Pro. Canon propose un plug-in qui permet de tripler la vitesse de conversion des fichiers (il faut compter le temps des rushes quand même !). L’exigence plutôt « pointue » des photographes en matière de colorimétrie les obligera à se familiariser et approfondir le fonctionnement du logiciel Color (intégré à la suite Final Cut Pro). Cette même suite permet de conformer le document au mode de diffusion.

Quels sont les « pièges » pour un photographe ?

Les photographes ont trois problèmes : la post-production, l’audio et le mouvement. La post-production doit être abordée sans crainte avec une bonne solution comme celle que je viens de décrire. Pour l’audio, il faut s’y plonger et apprendre. Je note que les ingénieurs du son reprennent plaisir à travailler en vidéo car c’est la première fois qu’ils peuvent ne plus être reliés à la caméra et travailler de façon autonome. La synchronisation se fait ensuite facilement. Des mixettes dédiées existent qui permettent un excellent contrôle. Le mouvement enfin : il fait peur aux photographes car je note qu’ils réalisent des films très beaux mais souvent très statiques. De bons accessoires sont indispensables. Je privilègie ceux inventés par les chefs machinos… car tout dépend de l’expérience de celui qui invente le système. Il faut essayer et essayer encore.

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