Un été sur un transat

Faire jouer toute la palette des usages de la photographie pour générer surprise et intérêt des consommateurs.

Le fait

L’atelier Le Mée,  société  rennaise spécialisée dans l’impression sur tissus, produit depuis deux ans des transats dont l’assise en toile polyester est personnalisable. L’entreprise , plus connue sous l’appelation  commerciale Eurodrapeau (14 salariés, 1,7 million d’euros de CA) utilise pour cela des imprimantes grand format Mimaki à encres pigmentaires traitées anti-UV . L’Atelier Le Mée travaille principalement avec les agences de communication dont les besoins d’objets textiles personnalisés sont importants, mais également pour les particuliers : le transat photographique est vendu 74,42 euros HT à l’unité. Co-gérant de l’entreprise M. Delambert indique travailler fréquemment pour des photographes professionnels pour lesquels il réalise des kakémonos utilisés en décoration de magasins notamment. Aujourd’hui il suffit de télécharger les photos sur site de l’entreprise après avoir créé un compte (www.eurodrapeau.com), mais bientôt un site dédié à la décoration verra le jour (moquette, tissus, parasol, abat-jour personnalisés…).

Le décryptage

Moteur de la consommation à forte valeur ajoutée, la personnalisation impose de multiplier une offre photographique foisonnante, inventive, créative afin d’étonner et séduire. Dans le modèle économique de la vente d’objets photographiques (cf. notre dernier post du 8 juin « Disruption sur la consultation »), le tirage restera dominant, mais ne doit pas être le seul support à la créativité des photographes professionnels. L’univers de la décoration garde un potentiel élevé, pas seulement avec les photographies produites par les consommateurs, mais également avec celles créées spécifiquement pour habiller les objets du quotidien (plateau de table basse, paravent, abat-jour, mais également tapis, adhésif pour portes de frigo…). La multiplicité des supports imprimables donne la mesure de la diversité des applications possibles, les limites étant celles de l’imagination. Attrait visuel, singularité et émotion doivent être les objectifs… le marché de la photo professionnelle doit pouvoir emprunter d’autres chemins que celui de la photo d’art pour créer une valeur ajoutée élevée.

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4 Responses to Un été sur un transat

  1. Voilà qui est mieux que l’info précédente et qui peut donner du grain à moudre pour les photographes.
    Mais une petite question quant à la notion de photo d’art : La photo d’art se fait-elle à la prise de vue ou est-ce le tirage qui fait la photo d’art ?, pour ma part j’opte pour la première partiie de la question, peut importe le mode et la quantité de tirage qui suit. La Joconde est une œuvre d’art, une photo du tableau tirée à 1000 exemplaires n’empêche pas la Joconde d’être toujours une œuvre d’art, d’accord Léonard ?

  2. jacqueshemon dit :

    Ce qui est reconnu comme œuvre d’art est le fruit d’un consensus social qui lui donne ce statut. Donc conjonction entre un talent qui travaille dans la profondeur de l’émotion humaine, qui fait donc une œuvre (comme les productions de Leonard de Vinci) et acceptation par le public de lui reconnaître ce statut, donc je dirais pour le photographe un processus à deux niveaux prise de vue + matérialisation où l’auteur engage sa sensibilité en deux temps. Evidemment votre chaise longue deviendra une œuvre si votre production de photographes plasticien est connue des galeristes, collectionneurs, conservateurs… (les instances de légitimation de l’Art). Mais en présentant ce produit, je n’allais pas aussi loin, évidemment…
    Merci de votre commentaire.

  3. Merci de vos réponses très éclairées, c’est vrai que les photographes manquent d’outils sémantiques pour définir les actes de leur profession.
    Mais c’est vrai que l’art visuel est plus difficile à définir que le culinaire ou la musique par exemple… (le goût et l’oreille sont plus « sensibles » et procure un plaisir plus immédiat.
    Une vraie réflexion au sein du GNPP serait utile, mais pour un travail en profondeur, en associant peut-être aussi d’autres artistes (si l’on accepte les photographes comme des artistes !) Dans ma carrière qui est dans son « troisième tiers », donc pas loin de la porte de sortie… je constate (dans tous les domaines) qu’un « grand artiste » est celui qui a su se faire connaître et reconnaître, il faut beaucoup d’entregent, ou a eu de la chance… de son vivant ! Il faut savoir se vendre, c’est aussi un métier.
    Bonne soirée
    Cordialement

  4. Bonjour Jean Louis et Jacques
    « Mais c’est vrai que l’art visuel est plus difficile à définir que le culinaire ou la musique par exemple… (le goût et l’oreille sont plus « sensibles » et procure un plaisir plus immédiat. »
    quoique le culinaire et la musique sont très variablement apprécié selon la culture ,l’age et les individus
    ex Vivaldi et le hard rock ,Julio Iglésias et Chantal Goya etc….
    le tournedos Rossini et les araignées grillées ou en beignets, nos escargots ou grenouilles et les Gelées de nos amis anglais etc….!
    le terme « plaisir immédiat » n’est pas toujours évident
    l’art visuel et tout autant dépendant des modes ,coutumes pub et autres
    je crois qu’au départ nous parlions de hamburger et chaise longue , je fais l’impasse sur le 1er ,mais un exemplaire de la chaise longue me permettrai de passer l’été.
    Quand au décor « sable et plage » serai pas mal ,plutôt que ma trombine.
    mais surprendre ,bon ou mauvais gout en photo comme ailleurs et une bonne solution pour sortir du lot

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