Eloge du visage

Vertige autour d'un portrait sans visage, qui paradoxalement permet de mieux penser le rôle singulier du portraitiste. © Ajancso

Le fait

Le 19 mai en Conseil des ministres, Nicolas Sarkozy s’est prononcé pour une loi portant sur l’interdiction du port de la burqa dans les lieux publics. Politiquement « sensible » le débat aura opposé ceux qui estimaient le sujet stigmatisant pour les musulmans de France et les défenseurs de la liberté des femmes tandis que les autorités rappelaient la nécessité sécuritaire de dévoiler les visages afin de pouvoir identifier facilement les personnes évoluant dans l’espace public.

Le décryptage

Jamais les grands titres n’auront faits autant la part belle à la question du visage. Non pas sa présence, mais son absence. Celle qu’un vêtement abolit, pour les desseins obscurs d’une mise sous tutelle des femmes au nom d’alibis religieux d’un autre âge. Que certaines femmes pensent y trouver le bénéfice d’une affirmation religieuse et communautaire, ne justifie pas qu’il faille laisser leur extrémiste de mari poursuivre leur prosélytisme névrosé.

Les photographes le savent, les portraitistes plus encore, le visage est une irremplaçable fenêtre sur l’autre dont ils ne cessent de vouloir mettre en lumière les secrets. Que le portrait vienne à manquer sur un profil Facebook et l’on se demande comment « l’absent » concilie volonté de communiquer et si grande réserve à se (re)présenter. A moins que ce refus ne confine à la névrose, ou que l’exhibitionniste des peoples dont les visages deviennent des logos à force d’expositions, ne viennent les convaincre que ce logerait là trop d’impudeur…

Et ce n’est pas un photographe qui prendra par les mots la défense des « sans visage », mais naturellement un écrivain et auteur-compositeur, Yves Simon. Dans un article intitulé « Visage, mappemonde de l’au-delà » publié dans Le monde daté du 13 mai, celui-ci évoque avec talent et élégance l’importance à accorder au visage. En le faisant, il redéfinit avec brio le cœur de métier du photographe portraitiste. Pas moins.

A lire  également : «  Le pouvoir des visages » par André Rouillé.

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