L’appareil, véritable « opérateur social »

Le bénéfice social de la photographie est maximal lorsque le partage est au plus proche de l'instant de prise de vue. Une donnée que Nikon a pris en compte pour le développement d'un compact à vidéoprojecteur intégré. Une donnée

Le bénéfice social de la photographie est maximal lorsque le partage est au plus proche de l'instant de prise de vue. Une donnée que Nikon a pris en compte pour le développement d'un compact à vidéoprojecteur intégré.

Le fait

La publication par Nikon d’une étude conduite dans douze pays européens par Opinion Matters sur les usages de la photographie révèle de la part des utilisateurs d’appareils numériques un désir commun de partage instantané de leurs images. Conséquence, les photos réalisées par les jeunes générations ne sont plus destinées à être réunies dans des albums, mais à rejoindre un espace semi-public. Le bon sens préside toujours à cette exposition de soi, rappelle Stéphane Hugon docteur en sociologie, qui souligne que contrairement à l’avis communément exprimé sur le partage en ligne « l’étude Nikon montre bien une forme de maturité dans le comportement de partage et dans la conscience  de la puissance symbolique de la photographie » : un tiers des Français (33,4 %) partagent en ligne uniquement les photos et les vidéos qu’ils ont sélectionnés eux-mêmes.

Le décryptage

Il ne pourrait s’agir que d’une nième étude de circonstance permettant de justifier la sortie d’un nouveau produit (en l’occurrence le Coolpix S1000pj à vidéoprojecteur intégré). Mais il se trouve que l’étude est décryptée par Stéphane Hugon, docteur en sociologie, responsable de recherche sur la technologie et le quotidien à Paris V. Un laboratoire placé sous l’égide de Michel Mafessoli et qui rassemble de nombreux chercheurs, dont Anthony Mahé, spécialiste des pratiques photographiques au quotidien. En travaillant avec les sociologues Français, Nikon-France contribue à faire évoluer la connaissance autour des nouvelles pratiques et en partageant leur analyse conduit l’ensemble de la communauté photographique à repenser notre univers. Car nous sommes entré il y a dix ans dans un monde photographique entièrement nouveau, quoique toujours piloté par le même et unique moteur : le besoin de créer du lien social entre-nous. Hier encore la photographie était encore circonscrite à ses quatre fonctions traditionnelles : création, information, divertissement, mémoire. La possibilité de visualisation instantanée des photos sur place (grâce à l’écran de l’appareil) autant que la possibilité d’échange immédiat via Internet ont permis à la photographie d’épouser une autre dimension : une dimension conversationnelle. Celle-ci met l’échange au centre des pratiques photographiques au détriment (provisoirement) des autres fonctions de l’image (l’attestation visuelle notamment). Rien d’étonnant dans ces conditions que la question de la préservation du patrimoine photographique* des familles soit laissée en jachère aujourd’hui par le grand public.

(*) « La préservation du patrimoine photographique » sera le thème de la table ronde organisée par le GNPP le 19 octobre 2009 à 10H30 dans le cadre du Salon de la Photo 2009. Cet événement précédera une conférence sur l’état des lieux de la photographique d’identité biométrique en France.
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