Fnac.com améliore son modèle économique

3 juin 2009

 

MarketPlace est en phase de recrutement de professionnels de la vente. Mais à partir de septembre, les amateurs pourront vendre des biens culturels d'occasion sur fnac.com

La MarketPlace de Fnac.com est en phase de recrutement de professionnels. Mais à partir de septembre, les amateurs pourront vendre des biens culturels d'occasion.

 

Le fait

Dix ans après sa création, le site Fnac.com commercialisera dans sa « Market Place » des produits culturels éditoriaux d’occasion (livres, DVD ou jeux vidéo). Pour lancer le projet, 150 professionnels ont été appelés à utiliser ce portail pour proposer des produits culturels neufs ou d’occasion aux visiteurs du site. A partir de septembre prochain tous les internautes pourront vendre également leurs propres produits au prix de leur choix (comme sur e-bay). Pour Xavier Flamand, directeur général de Fnac.com, interviewé par la rédaction de ITR News.com, l’objectif est « de réaliser 15% des ventes de fnac.com d’ici 18 mois avec un référencement de plus de 500 vendeurs professionnels, 5 millions d’offres et 20 nouvelles catégories de produits ».

Le décryptage

En choisissant de chapoter les échanges commerciaux entre internautes, la « place de marché » de fnac.com entend  devenir le lieu d’échange incontournable des internautes à la recherche de produits culturels (l’entreprise Fnac devenant un tiers de confiance pour sécuriser les transactions). Ce portail devient l’outil de conquête du groupe PPR sur le marché de l’occasion (estimé sur Internet en France à plus de 3 milliards d’euros) au moment où la question du pouvoir d’achat se pose dans tous les pays où opère l’enseigne française. En innovant Fnac s’ouvre une nouvelle source de revenus (en prenant 8 à 12 % de commission selon la valeur des produits) mais surtout fnac.com pénètre dans la sphère si vertueuse de la longue traîne. Le site triplera le nombre de ses références ce qui se traduira par une très forte augmentation de son audience ce qui à terme l’aidera à optimiser son modèle économique. La marge générée — quasi équivalente à la commission !— donnera au site des revenus supplémentaires que ne pourront espérer dégager les sites de e–commerce de produits neufs. Une nouvelle étape dans la stratégie multicanal de l’enseigne exploite naturellement les habitudes des internautes français dont 1/3 achetait déjà en 2007 des produits d’occasion sur Internet (source BVA). Les produits high-tech ne sont pas encore éligibles sur la Market Place de Fnac.com… mais pour combien de temps ?


Le moyen format à l’honneur

3 juin 2009

 

 

L'arrivée de Leica sur le marché du moyen format sera l'événement de ce 4ème Forum du moyen format. Cliquez sur l'image puis sur le lien pour télécharger une invitation.

L'arrivée de Leica sur ce marché sera l'événement de ce 4ème Forum du moyen format (cliquez sur l'image puis sur le lien pour télécharger une invitation).

 

 

Le fait

Les 8 et 9 juin 2009, le  4ème Forum du Moyen Format* organisé tous les deux ans dans les Jardins Albert-Kahn (à Boulogne-Billancourt) célébrera ces équipements de prise de vue avec la participation des principaux acteurs français du secteur**. L’occasion de rappeler que ce marché résiste plutôt bien à la crise : en léger recul par rapport à 2007 (-3 %), il s’est vendu quelque 334 appareils moyen format avec dos numérique en France en 2008, auxquels il faut ajouter 610 objectifs (source Sipec). On évalue ce marché à plus de cinq millions d’euros HT.

L’événement cette année concernera l’entrée de Leica dans le club très fermé des constructeurs de moyen format avec son S2 (capteur 30 x 45 mm / 37,5 millions de pixels), un appareil qui a créé la surprise à la dernière photokina en octobre 2008.

(*) Forum du Moyen-format / Musée Albert-Kahn – 14, rue du Port – 92100 Boulogne-Billancourt/ Lundi 8 et mardi 9 juin 2009 de 10H30 à 18H30.
(**) Adobe, Alpa, Arca Swiss, Dupon, Epson, Hasselblad, Leaf,  Leica, Mamiya, PhaseOne, RVZ.

Décryptage (avec Jean-François Forchantre)

Depuis la fin de la mutation numérique le marché des appareils moyen format est devenu à 95 % professionnel, le prix moyen des kits boîtier + dos oscillant entre 10 et 20 000 euros. Seule une petite frange de riches amateurs privilégiés accèdent donc à ce graal de la qualité extrême… Pour Jean-François Forchantre (Piktus/Mamiya), initiateur en France du Collectif du Moyen-format et organisateur de ce 4ème Forum, la question de l’ultra-qualité — et des dizaines de millions de pixels qui vont avec —, n’est pas la question centrale :  « Le photographe qui photographie en 24 x 36 et au moyen-format ne prend pas les mêmes photos et les sujets ne se comportent pas de la même façon face à leur objectif, ce qui donne sa spécificité à l’outil». Pour lui la surqualité se justifie (pourquoi autant de pixels ?) à condition de s’inscrire dans les nouveaux usages : « chez Renault par exemple, on photographie une voiture de 3/4 à 60 Mpixels puis les détails de la carrosserie sont extraits pour les illustrations des catalogues. C’est alors sur l’économie de production que la qualité est valorisée ». C’est donc au moment où les reflex numériques « full-frame » repoussent les normes de qualité connues jusqu’alors, que les appareils moyen format entendent porter la qualité professionnelle au-delà du connu. Une fuite en avant que défend Jean-François Forchantre « L’irrationnel est une donnée rationnelle de l’esprit humain » plaide-t-il. Reste aux professionnels de la prise de vue à valoriser cette « irrationalité » de l’hyperqualité photographique en la mettant en scène et en l’exploitant de façon « bluffante » pour leurs clients.


Un photographe mobilise la terre

3 juin 2009

Homeaffiche

Le fait

On ne pourra pas passer à côté de la sortie de « Home », film documentaire de Yann Arthus-Bertrand, photographe vedette et membre de l’Académie des Beaux-Arts. Produit par Luc Besson et François-Henri Pinault (groupe PPR), celui-ci a donné lieu à 18 mois de tournage sur tous les continents faisant un bilan visuel aérien du monde, accablant pour l’espèce humaine à bien des égards. Ce film bénéficiera d’une sortie dans les salles le 5 juin dans 126 pays en 23 langues, à l’occasion de la journée mondiale de l’environnement. Le même jour il sera diffusé sur France 2 à 20H40 (et sur 65 chaîne TV dans le monde) et sera téléchargeable gratuitement (sur  itunes par exemple…). Initiative à but non lucratif, les profits de ce documentaire seront reversées à GoodPlanet, (fondation créée par Yann Arthus-Bertrand)  pour le financement d’actions en faveur de la protection de l’environnement.

Le décryptage

Photographe vedette que l’édition en 1999 du best-seller « La Terre vue du ciel » aura permis d’accéder à une notoriété mondiale (3,5 millions d’exemplaires vendus !), Yann Arthus-Bertrand reste dans son rôle de photographe lorsqu’il prend la caméra : donner à voir ce que nous ne voulons pas voir. Face à ce film militant de la cause écologique (qu’il défend depuis de nombreuses années comme ambassadeur pour les Nations Unies), Yann Arthus Bertrand — mais surtout François-Henri Pinault — ne peut ignorer la portée politique de ce film. Il vient incidemment rappeler aux acteurs économiques et à la classe politique que la relance de l’économie mondiale en crise ne pourra se faire sur le dos de l’environnement déjà dévasté. Interviewé sur Canal Académie (en cliquant ici), Yann Arthus Bertrand ne semble pas prendre la mesure de cette dimension militante et met en avant son honnêteté et sa sincérité comme rempart aux attaques des optimistes qui l’accuseront de noircir le tableau. Ce film, et sa réussite annoncée, devrait pouvoir avoir une vertu pédagogique dans l’esprit des photographes professionnels du monde entier : leur place d’observateur de la réalité du monde leur donne une extraordinaire crédibilité lorsqu’ils se saisissent d’une caméra.


Agilité marketing chez Orange

3 juin 2009

Orange

Le fait

Orange propose depuis le mois de mars une offre de remboursement de 40 euros sous forme de chèque à tous ses clients qui choisiraient de se réengager pour 12 mois sans changer de portable (tout en utilisant 1 500 points de fidélité). Un versement de 5 euros supplémentaire au WWF accompagne l’opération pour enfoncer le clou de la responsabilité environnementale auprès du grand public. Les entreprises ne sont pas encore concernées par ce type d’offre mais pourraient l’être à terme. Ce dispositif commercial est une exception dans le modèle économique bien rôdé du marché des mobiles.

 

Le décryptage

Orange apporte avec cette offre « OVNI » sur le marché des portables, une réponse satisfaisante à la double question du développement durable et celle de la diminution du pouvoir d’achat des consommateurs. Une prise de position marketing qui va à l’encontre de l’intérêt des industriels pour lesquels la formule de subvention au remplacement des terminaux par les opérateurs ronronnait sans discontinuer depuis l’émergence du marché de masse des mobiles. Jean-Marie Culpin, directeur du marketing mobile Orange France interrogé par ITR Mobiles.com le 27 mai, se réjouit d’avoir pu mettre en place une telle offre qui permet à Orange de sortir concrètement « de la bijection entre la relation avec nos clients et le renouvellement », en d’autres termes, de respecter le désir des clients qui ne veulent pas changer de mobile. Une chose est certaine, une telle offre traduit un changement profond dans la manière d’aborder la relation-client chez Orange et de respecter les attentes d’une minorité de ses clients. Ce qui vaut pour le leader des opérateurs français vaut évidemment pour la petite entreprise : faire monter  « le panier moyen » suppose au préalable, d’évaluer les attentes profondes du client, quitte à sortir des sentiers battus commerciaux pour conjuguer marges et satisfaction. Or, il se trouve que la clientèle de l’artisan-photographe est une juxtaposition de « minorités à satisfaire »… 🙂