Liturgie positive

pdf2Le fait

Lors du dernier congrès du GNPP de Montpellier un ensemble de plus de 100 prix ont été distribués lors de la soirée des Portraitistes de France, sept lauréats au concours du GNPP, auxquels se sont ajoutés les prix décernés par le jury européen des QUEP (Qualification European Photography).  L’émotion était vive à chacune de ses remises témoignant de la valeur que les récipiendaires attachent à cette reconnaissance de leurs pairs, autant que de l’engagement sincère des jurés autour des travaux primés.

 

Le décryptage

Les 120 prix distribués au cours des trois jours de congrès, sont autant de signes ritualisés de l’acceptation des membres aux règles d’appartenance à la communauté GNPP, qu’un moyen d’émulation professionnel qui favorise le dépassement de soi à l’intérieur de ces mêmes règles (qu’il ne viendrait à l’esprit d’aucun participant de transgresser). Au final, le GNPP parvient par ce tamisage de la créativité à réussir l’impossible : avoir une signature visuelle homogène de l’ensemble de la production de ses membres (ou a minima ceux qui présentent des œuvres au jugement de leurs pairs). L’édifice créé il y a maintenant soixante années est donc solide : il repose donc sur stricte conformité aux règles afin de renforcer les liens d’appartenance et de cohésion, les transgressions n’ayant pas leur place à l’intérieur de l’organisation. Reste désormais à savoir comment ce travail photographique exemplaire permet aux lauréats de mieux répondre aux besoins des consommateurs, comment valoriser cette reconnaissance d’un savoir faire auprès du grand public, et surtout comment la créativité de chacun peut s’émanciper, tout en préservant la cohésion du groupe ?

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8 Responses to Liturgie positive

  1. Bruno COHEN dit :

    Il convient de préciser que les différentes récompenses existant actuellement au sein du GNPP ne reposent pas sur les mêmes critères.

    Rappelons que le prix de PORTRAITISTE DE FRANCE initié il y a 20 ans par l’équipe de Luc POUGET visait à instaurer des critères MINIMUM de qualité en Portrait & Mariage ?
    Voyons le comme l’examen de passage au GNPP.

    L’OBJECTIF D’OR fait lui appel à la créativité et à la personnalité du Photographe dans 3 domaines différents, avec des prix spéciaux qui récompensent l’audace.

    • jacqueshemon dit :

      Merci Bruno pour ces précisions. Jean-Luc m’a bien précisé en effet le caractère très différents des prix. J’ai volontairement occulté cet aspect pour ne retenir que l’aspect d’autocélébration autour des prix, ce qui profite à la fois à l’élévation de la qualité et à la cohésion des membres. Avec évidemment le problème posé par la consanguinité du dispositif lorsqu’il faut le faire respirer, avant de devenir contre-productif (notamment en termes d’ouverture vers de nouveaux marchés à saisir ou face aux nouveaux besoins des consommateurs)…

  2. Je rajouterai une autre précision concernant l’objectif d’or: initié en 1980 par la commission portrait d’alors, dont le responsable était Bruno Alberghini, ce concours avait autant de thèmes qu’il y en avait pour le MOF, même une photo d’identité devait être présentée, ainsi qu’un portrait de jeune fille, d’un homme mûr,un portrait 3° âge, un couple de mariés,un animal de compagnie, etc… il y en avait douze, je crois. L’idée de Bruno était de préparer les photographes à faire le MOF. Il y eut beaucoup de candidats en 1980 à Vichy et petit à petit, trois sujets seulement furent imposés, avec des consignes bien précises, jeune fille hight key, mariés en buste,reportage de mariage, église ou mairie, etc… En 2002, faute de participants, la commission portrait a simplifié les sujets en « libre » pour chacune des catégories: en 2005, 69 participants & 71 en 2007
    PS: On dit le QEP et non le QUEP ;o)

    • jacqueshemon dit :

      Merci pour ces précisions utiles montrant la dynamique interne de ces prix au cours des années. Bien noté pour la faute… J’avoue que j’ai du mal à entrer dans le monde des abréviations pour désigner les prix . Mais c’est aussi cela qui forme une communauté, un langage commun que seuls les initiés comprennent… 🙂

    • jacqueshemon dit :

      Très intéressant. On voit très bien la dynamique de ces prix au cours des années. Pardon pour la faute… il faut dire que j’ai du mal à entrer dans les abréviations qui désignent les prix. Ce qui forme une communauté, c’est aussi un langage commun qui n’est compris que par ses membres. 🙂

  3. Norbert Lacroix dit :

    Il est vrai, que comme dans toutes professions, nous avons un langage commun, que les personnes non initiés ne peuvent connaitre. Nous ne sommes que 700 adhérents. 120 prix pour 700 cela parait beaucoup, quand on est de l’extérieur. Mais pensez vous qu’il y est vraiment beaucoup de personnes qui se soucis de ce qui ce passe au congrès du GNPP. Pas plus que je ne m’intéresse au congrès des boulangers, cuisiniers… (s’ils en ont un). Par contre l’impact sur la clientèle quand on à un titre ou un diplôme, est bien réel, et c’est là que notre « autosatisfaction » passe au second plan, et justifie cette distribution de titre. Le fait de maitriser les bases de la photo de portrait (diplôme de PDF)n’implique pas du tout de perdre sa créativité à mon avis. Je regrette aussi que nous soyons que 700, car malheureusement, une grande partis de ceux qui ne font pas partis de notre « communauté » ne reflètent pas une très bonne image de notre profession.

    • jacqueshemon dit :

      Vous avez raison, le « Diplôme » a toujours un bon impact sur l’imaginaire du client, même s’il ne sait pas à quoi ça correspond. Merci pour cet avis.

  4. depoorter dit :

    le PDF s’est répondre à certaines normes , mais participer à un concours c’est aussi s’obliger à montrer son travail ,le comparer aux autres , le but n’est pas de gagner mais de s’analyser, d’accepter la critique , dans notre métier où nous pensons être tous le meilleur et où nous souffrons d’être seul parfois , c’est aussi un moyen de partager une passion , avant d’être pro , j’ai fréquenter 20 ans de photo club ou tous les mardis nous organisions un concours à thème , c’est ainsi que j’ai appris l’image et quand j’ai travaillé dans la presse, le concours était sur une table lumineuse avec 10 autres photographes pour avoir LA photo à paraitre , le plus dommage est que nous soyons si peu à participer ,l’essentiel est de s’ouvrir aux images des autres à accepter le regard porté sur son travail , maintenant un résultat ne veut rien dire si ce n’est que de rassurer et il est nécessaire de trouver son identité son style et de comprendre ce que recherche nos clients
    en tout cas, cha fait parler !

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