Commerce tactile

17 mars 2009

microsoft-surface

Le fait

La table tactile Microsoft Surface fera son entrée sur le marché français dans quelques mois. Il s’agit d’une table dont la surface de 30 pouces (76 cm) interagit avec les mouvements de la main ou les objets posés dessus grâce à un dispositif tactile utilisant une caméra infrarouge intégrée (alternative à une surface tactile traditionnelle plus fragile comme celle de nos téléphones). Cet équipement devrait envahir notre quotidien dans les prochaines années, dans un premier temps dans les réseaux de distribution à forte valeur ajoutée compte tenu de son prix (10 000 dollars aux Etats-Unis)  : il été présenté pour la première fois début mars dans l’univers photo lors de la PMA sur le stand DNP Fotolusio. L’applicatif présenté à Las Vegas était destiné à faciliter la gestion des photos, leur impression et la création d’albums.

 

Le décryptage

Les interfaces homme-machine restent le talon d’Achille des dispositifs self-service, et notamment des bornes. Comment offrir une profusion de services sans augmenter la complexité du processus de commande, tout en réduisant le nombre de clics ? Si les approches « techniciennes » des premières  bornes de commandes de tirages (ce qui remonte à la PMA 1998 de Londres !) ont laissé place à des modalités de commande plus agréables et très interactives, l’instinctivité tant vantée n’est pas encore de ce monde (comptez le nombre de clics avant d’obtenir une image précise sur la borne de votre magasin…). Microsoft Surface tend à réintroduire la gestuelle naturelle pour la commande d’un agrandissement, la mise en page de photos ou leur sauvegarde… Tout en profitant des avantages procurés par les dispositifs sans fil (Bluetooth,WiFi, RFID) intégrés aux équipements de prise de vue (mobile, appareil photo…) et aux futurs dispositifs de paiement (m-paiement par mobile, carte prépayée à puce rfid). En outre, Surface de Microsoft constituera une excellente solution pour scénographier les services numériques (par définition dématérialisés) et augmenter le trafic magasin des points de vente qui l’accueilleront.

 


Géolocalisation généralisée

17 mars 2009

  

 

Nuage de photographies géotaguées sur GoogleEarth

Nuage de photographies géotaguées sur GoogleEarth

Le fait

Sony propose pour la première fois sur un caméscope, le HDR-XR520,  un dispositif GPS qui assurera la géolocalisation des images enregistrées. Après transfert sur leur ordinateur les consommateurs pourront voir leurs images se positionner sur une carte (GoogleMaps) et revivre (et partager) leur voyage. Après le GPS miniature diffusé par la marque depuis deux ans (dont le succès fut très relatif), Sony donne la priorité à la géolocalisation des images vidéo, arguant que le voyage constitue la seconde motivation à l’achat d’un camescope (après la naissance qui reste en première position). Cette annonce intervient au moment même où les smartphones intégrant des fonctions GPS s’invitent dans le débat en risquant de rendre obsolètes les systèmes de géolocalisation intégrés aux appareils photo : le téléphone que vous portez dans votre poche se charge d’enregistrer les données géographiques au cours de vos séances de prise de vue. Une simple synchronisation suffira ensuite à renseigner le fichier Exif de vos images qui pourront ainsi se positionner automatiquement sur une carte comme la majorité des sites de partage de photos le proposent déjà.

 

Le décryptage

Interrogés en 1998, les services marketing de Kodak n’ignoraient rien des préférences des consommateurs concernant les informations (on parle aujourd’hui de métadonnées) que ceux-ci auraient souhaité voir associées à chacune de leurs photographies :

1 – Le nom des personnes représentées.

2 – Le lieu de prise de vue.

3 – La date de prise de vue.

Nous n’ignorons pas que le troisième point est une donnée désormais toujours associée aux photos numériques. La préférence n° 2 — celle qui nous concerne aujourd’hui, la géolocalisation—, risque d’être résolue rapidement sans intégration de GPS à l’intérieur des appareils. Enfin, le premier point (le plus délicat et de loin) est également en passe d’être réglée techniquement : la nouvelle génération de Lumix (TZ6, TZ7, FX 550 et GH1) offrent la reconnaissance faciale permettant à l’appareil d’optimiser la mise au point sur le portrait présélectionné par le photographe. La phase suivante ne tardera pas à arriver (deux ans peut-être ?), permettant à l’appareil de taguer automatiquement le nom des personnes « connues par l’appareil » au moment de la prise de vue.

Nous sommes loin des préoccupations de la photo sociale me direz-vous ? Pas tant que cela. La nécessité d’inscrire les images professionnelles dans un flux d’images (qui pourront être réutilisées à loisirs par les sujets donc vos clients !)… impose d’apporter une nouvelle valeur ajoutée autour des métadonnées  (dont la première d’entre-elle est, rappelons-le, votre nom d’auteur !). Ces informations permettront de rester en lien avec vos images (recherche, utilisations futures), et par ce moyen d’être en contact avec des milliers d’internautes. Une condition pour s’assurer une visibilité maximale sur le Web. Quand le bénéfice du consommateur rejoint votre intérêt, pourquoi s’en priver !

 

(*) Tag : information associée à une photo ou tout document numérique.


Nouveaux modes de diffusion

17 mars 2009

logo-atelier-black2Le fait

L’écran s’est imposé en moins de six ans comme la norme de visualisation des photographies au détriment du support papier provoquant une transformation rapide du modèle économique sur lequel l’activité photo reposait. Les nouveaux modes de diffusion des images font désormais majoritairement appel à l’Internet : demain, les réseaux mobiles prendront le relais avec une puissance de frappe encore inconnue à ce jour.

Le décryptage

Pour les photographes, il s’agit d’opportunités à saisir, constituant autant de leviers de croissance pour les années à venir. A condition d’adapter la production et les méthodes de commercialisation aux nouveaux modes de diffusion. Il s’agit de prendre une place sur le marché des contenus dont les besoins seront considérables : films courts en vidéo, petites œuvres multimedia (diaporamas créatifs), valorisation numérique des archives, infrastructures de diffusion des photos… autant de sujets abordés dans l’Atelier « Sortons du cadre ! » organisé par photographie.com au cours du Nikon Pro Tour 2009 (voir la vidéo de la conférence en cliquant ici – attention, version intégrale d’une heure !). Désormais, l’Atelier s’installe à la Maison Européenne de la photographie à Paris à raison d’un rendez-vous mensuel. Le 26 mars, il sera question d’  « Archives vivantes » une source de valeur souvent sous-estimée : rendez-vous le 26 mars à 10 heures à la MEP, 82 rue François Miron, 75004 Paris (Métro Saint-Paul).

Pour autant, dans cette effervescence numérique le support papier ne sera pas oublié. Ses qualités aptiques et optiques, sa matérialité et sa permanence, la culture millénaire du papier lui donne des atouts qu’il est désormais important de remettre en scène en tenant compte de ce nouvel environnement numérique : grand format, ultra-qualité, statut inédit du tirage limité, durabilité… sont autant d’atouts sur lesquels le marché du tirage se développe et particulièrement autour de la photo d’art. Les sites de vente de tirages photographiques sont les premiers à profiter de cette manne et du désir du grand public de s’approprier le fragment « sacré » de l’œuvre d’un photographe. Un modèle économique dont les photographes doivent également savoir profiter, pour augmenter leur chiffre d’affaires et leur visibilité.


La renaissance des focales fixes

9 mars 2009

De nombreuses foales fixes font l'objet de reformulation : le numérique d'aujourd'hui est plus exigent que l'argentique d'hier !

De nombreuses focales fixes font l'objet de reformulation : le numérique d'aujourd'hui est plus exigeant que l'argentique d'hier !

Le fait

Les marques de reflex attachent une attention stratégique à leur parc de focales fixes, allant depuis deux ans jusqu’à leur renouvellement en règle, notamment chez Canon, Nikon et Sony. Chez Canon, sont apparus coup sur coup les 24 mm f/1,4,  50 mm f/1,2 et deux récents TS-E 17 mm f/4 et 24 mm f/3,5, pièces incontournables face aux PC Nikkor pour être crédible sur la scène internationale de la branchitude visuelle. On parle même d’un futur EF 85 mm f/1,2 ! Chez Nikon ce n’est pas moins de quatre focales fixes que les nikonistes doivent évaluer : 50mm f/1,4, 85 mm f/2, 200mm f/4 et le PC Nikkor AFS 28mm f/2,8. Chez Sony, dès la conception de la gamme Alpha, les focales fixes étaient d’emblée en bonne place, rapport à l’extrême maîtrise des focales fixes chez le fournisseur Zeiss, dont la réputation du si fameux  85 mm f/1,4 n’a pas pris une ride en… trente ans !

Le décryptage

Qui aurait pu imaginer la renaissance actuelle des focales fixes ? Retour aux sources d’une photographie qui refuse l’artifice « facile » du zoom ? Impératif technique ? Il semble bien que par les temps qui courent, où les capteurs dépassent allègrement les 20 millions de pixels sur les appareils professionnels, les marques assurent leurs arrières en se bordant du côté technique. Les pouvoirs de résolution des focales fixes sont seuls à pouvoir suivre face à la surenchère de dizaines de millions de pixels qui ne s’arrêtera pas de sitôt ! Si les zooms sont en mesure d’apporter un service sans faille, servir un pouvoir séparateur supérieur à 100 paires de ligne sur l’ensemble du champ n’est pas donné à n’importe quelle optique à prix accessible. La focale fixe devient donc le moyen le plus adapté —le plus économique aussi — de ne pas limiter la qualité fournie par les capteurs actuels. C’est également le bon moyen de battre en brèche la sensibilité encore limitée des capteurs en proposant des objectifs très lumineux (f/1,4 voire f/1,2) à un prix accessible.


Toujours plus vite !

9 mars 2009

  

 

Nouveau Sony HX-1 : 10 i/s durant 10 secondes. Les cadences rapides se généralisent permettant la saisie de l'instant décisif a posteriori

Nouveau Sony HX-1 : 10 i/s. Les cadences rapides se généralisent permettant la saisie de l'instant décisif a posteriori

Le fait

Après Casio qui fut le premier à vulgariser la rafale ultra-rapide à plusieurs centaines de photos par seconde sur un bridge (Casio EX-F1 début 2008), l’ensemble des fabricants se piquent d’offrir désormais sur les compacts des fréquences de prise de vue aux cadences infernales (sans perte de résolution par rapport au vue par vue). Les nouveautés de la PMA 2009 en témoignent. : Sony HX1, Casio EX-FS10…

Le décryptage

La photographie de sport reste une spécialité strictement professionnelle en dépit des progrès considérables des bridges et des reflex ( augmentation de la sensibilité des capteurs, stabilisation optiques des zooms à forte amplitude, mode rafale). Dans l’univers reflex, l’investissement dans les objectifs de longue focale coûteux (car lumineux), qui autorisent les photos les plus spectaculaires, autant que l’expérience nécessaire pour les exploiter condamne l’accès de cette spécialité aux amateurs, mais aussi à bon nombre de professionnels. Faute de rupture technologique sur l’optique (la physique a ses limites !) celle-ci arrive par l’informatique, grâce à l’amélioration des processeurs de traitement d’image. L’emphase des marques sur les Digic, Bionz et autres Expeed… l’atteste. La compétition entre constructeurs se déplace donc sur ce terrain du traitement, qui exploité dans le sens d’une prise de vue haute cadence apporte au consommateur une valeur de différenciation élevée entre les modèles : c’est la certitude pour l’amateur néophyte de déclencher au bon moment (voire même par anticipation), puisque l’enregistrement est réalisé en continu. Cette tendance répond à deux autres logiques auxquelles nous sommes habitués : celle d’une photographie soumise au flux d’images (il suffit au consommateur de puiser celle qui l’intéresse a posteriori ce qui constitue une contribution à laquelle il aime participer) ; et celle, —plus générale— de la transparence (qui confère au voyeurisme parfois) qui donne à voir ce qui ne pouvait être vu avant que la technologie ne nous le permette. Le marketing parlera évidemment de possibilités nouvelles de création, ce qui est vrai aussi.


L’esprit « garage »

9 mars 2009

 

Les fondateurs d'HP devant leur garage : des principes "agiles" pour forcer le destin du succès

Les fondateurs d'HP devant leur garage : des principes "agiles" pour forcer le destin du succès

Le fait

Dans les mythologies créées par les  marques grâce à l’art consommé du story telling (réécriture romanesque de l’histoire des marques), pourquoi ne pas prendre les bonnes feuilles, celles qui sont de nature à donner l’énergie de progresser, de se sentir plus vivant et de s’épanouir par la réussite ?

Nous ne résistons donc pas au plaisir de publier ici les principes de conduite que s’étaient donnés les deux fondateurs de HP en débutant dans leur garage de Palo Alto, au 365 Addison Avenue, lieu historique de création de l’empire industriel que nous connaissons aujourd’hui.

 

– Croyez que changer le monde est possible.

– Travaillez rapidement, gardez les outils sous la main, travaillez quand vous devez/voulez.

– Sachez quand travailler seul et quand travailler ensemble.

– Partagez les outils et idées.

– Ayez confiance en vos collègues.

– Pas de politique, pas de bureaucratie. (c’est ridicule dans un garage…)

– Le client décide quand un travail a été bien fait.

– Les idées radicales ne sont pas de mauvaises idées.

– Inventez différentes façons de travailler.

– Faites une contribution chaque jour. Celui qui ne contribue pas ne sort pas du garage.

– Croyez qu’ensemble tout est possible.

– Inventez.

 

Ces principes de développement « agiles » sont aujourd’hui ceux qui permettent l’émergence de nouvelles formes de business, notamment dans l’industrie du logiciel et de l’Internet. Sommes-nous capables de les appliquer au sein du groupement ? Et individuellement dans nos entreprises ?

Pour comprendre l’importance d’une construction maîtrisée d’un mythe par une marque, voir la page « histoire du garage » sur le site HP en cliquant ici, ou encore pour afficher devant vous (en anglais, pour vous entraîner…) les douze points de la recette du succès, cliquez ici .  


Livre-photo, priorité de l’année

3 mars 2009

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(Source : Future Source 2007)

Le fait

Selon GfK, les ventes d’albums imprimés sur les sites de services en ligne ont progressées de 11 % en 2008 générant une augmentation de 39 % du chiffre d’affaires sur ce seul segment ! Preuve s’il en fallait, que les consommateurs se montrent très friands de ce mode de consultation et de partage de leurs photos. Pour leur part en 2007 selon FutureSource, les photographes professionnels anglais étaient 64 % à utiliser cette solution pour commercialiser leur travail, ou le promouvoir, contre seulement 10 % pour les professionnels français. Un retard inexplicable compte tenu de la souplesse apportée par le livre photo imprimé pour répondre aux attentes des consommateurs et générer un chiffre d’affaires complémentaire à celui de la prise de vue.

Le décryptage

Centrés sur la prestation de prise de vue sur laquelle ils se sentent dans « leur zone de confort », les photographes français se privent sans doute d’un puissant levier de croissance en négligeant les services d’impression de livre-photo à la demande. Nouveau mode de consultation des images de plus en plus banalisé (il s’en vendra 1,9 millions d’exemplaires en 2009 selon GfK), la création d’un livre fait appel pourtant à une culture très enracinée chez les photographes : raconter des histoires en images. Si le talent consacré du photographe réside avant tout dans sa capacité à concentrer une histoire dans une seule photographie, le déroulé narratif d’un livre album fait également partie de son domaine d’intervention. Accroché à la beauté formelle des tirages argentiques, les photographes peuvent faire appel à des prestataires qui prônent le contre collage de tirages (Kis PhotoBook et GraphiStudio entre autres…) sans faire l’impasse  sur les albums imprimés (sur presse numériques) puisqu’ils permettent de constituer une offre diversifiée. C’est tout le spectre de l’album photo qu’il s’agit de déployer autour de la prise de vue comme un service essentiel. Une manière certaine d’éloigner les consommateurs des écrans pour quelques minutes !