Disruption

24 mars 2009

free

Le fait

Chris Anderson, rédacteur en chef du magazine américain Wired et inventeur du concept de Longue traîne (The Long Tail*) se prépare à publier un ouvrage intitulé « Free ». Hors des ressources publicitaires habituelles, il  tente d’y expliquer le modèle économique de la gratuité, phénomène aussi disruptif que celui de La Longue Traîne. Ce visionnaire décrit quatre modèles de gratuité :

– Le « Freemium » : c’est le cas lorsqu’une infime partie des consommateurs paient un service premium pour disposer de fonctionnalités supérieures (c’est le cas de flickr Pro). Chris Anderson estime qu’il suffit que 1% des consommateurs paient le service premium pour que la gratuité soit offerte à 99% des autres utilisateurs.

– La subvention croisée : c’est le modèle économique de la téléphonie aujourd’hui où le terminal est (quasi) gratuit  afin d’inciter le consommateur à acheter une prestation ou un service payant (abonnement, téléchargement, contenus, etc.).

– La distribution à coût marginal nul : modèle applicable aux téléchargements gratuits (de logiciels, morceaux musicaux, livres et contenus de toute nature). Pourquoi faire payer si les coûts de distribution sont nuls et que l’objectif est de se faire connaître massivement ?

– Le don : modèle économique dont la dynamique s’appuie sur une communauté de contributeurs bénévoles. Leur but : faire avancer la connaissance (encyclopédie comme wikipedia) ou l’innovation (logiciels libres comme Linux), là où les modèles payants seraient contre-productifs (manque de rentabilité, guerre concurrentielle…).

(*) The long Tail : En octobre 2004, Anderson décrit les effets de cette longue traîne, ou longue queue, sur les modèles économiques présents et futurs. Il pense que les produits qui sont l’objet d’une faible demande, ou qui n’ont qu’un faible volume de vente, peuvent collectivement représenter une part de marché égale ou supérieure à celle des best-sellers, si les canaux de distribution peuvent proposer assez de choix. La longue traîne est un marché potentiel, rendu accessible par les possibilités d’Internet (d’après Wikipedia)

Décryptage

Le modèle de la gratuité, comme celui des Creatives Commons (licences libres pour les œuvres) constituent deux concepts en rupture avec la culture des photographes et a fortiori du monde du commerce. Il est difficile de les penser, en faisant table rase sur les raisonnements bien huilés du monde payant. Les modèles gratuits n’en sont pas moins marchands. Il convient d’imaginer  que ces modèles ne sont pas des utopies (penser à Google pour vous en convaincre), mais qu’ils participent à la création d’un nouveau monde d’échanges où les richesses ne se créent pas selon les mêmes modalités. La contribution de centaines de milliers de rédacteurs de Wikipedia qui ont créé en quelques années la plus grande base encyclopédique jamais imaginée profite à la richesse du monde et à l’efficacité de tous. Faudrait-il y rajouter un chiffre d’affaires à dix chiffres pour crédibiliser cette extraordinaire réalisation et rassurer les tenants de l’ancienne économie ?  Ou préférer l’immobilisme afin d’éviter la dérégulation introduites par les nouveaux modèles collaboratifs ? (La loi Hadopi, destinée à protéger légitimement les droits de diffusion sur Internet, illustre ce décalage entre la réalité des consommateurs qui inventent de nouvelles formes de consommation et les conditions de sauvegarde des industries culturelles — majors du disques mais aussi agences photo sont concernées—).

Pour Chris Anderson, il faut trouver le moyen d’utiliser la gratuité comme forme de marketing afin de monétiser sa célébrité, sa popularité.  Evidemment, sur Internet son livre sera gratuit, le buzz autour de son ouvrage faisant le reste en librairie !


GNPP : un réseau « peer-to-peer* » !

24 mars 2009

sondage

« Seriez-vous prêts à partager vos meilleures pratiques au sein du GNPP ?» : telle était la question posée dans notre sondage du 3 mars 2009. Sur un nombre de votants réduits à 67, l’immense majorité d’entre-vous (70 %) se déclare « prêts à partager les astuces et pratiques qui les ont conduit au succès ».  Un quart des votants sont prêts à partager des pratiques commerciales vertueuses tout en conservant certains de leurs secrets. Enfin, 4 % estiment que leurs bonnes pratiques constituent des actifs intransmissibles, y compris aux membres du groupement.

Le partage des meilleures pratiques et les attitudes collaboratives ne datent d’Internet, même si ce medium facilite les échanges. Les organisations professionnelles, et particulièrement les actions du GNPP (congrès, réunion, colloques…) facilitent depuis plusieurs décennies ces échanges « peer-to-peer* » et l’on retrouve cette dynamique dans les stages de formation organisés par l’Afmp. Formés par leurs pairs, les photographes GNPP mettent en commun leurs expériences pour maîtriser un savoir-faire et aller plus loin. Un mode collaboratif avant la lettre.

Reste que demain ne peut s’imaginer que dans la créolisation des pratiques, l’ouverture à de nouveaux clients et interlocuteurs et qu’en tout état de cause la consanguinité assure à toute communauté professionnelle un avenir aussi prometteur que celui des vieilles familles aristocratiques. Les professionnels doivent partager avec leurs homologues et partager en général, c’est ce que rappelle Alain Bosetti, co-fondateur de Place des Réseaux dont le rôle est de promouvoir les bonnes pratiques en matière de développement de réseau. Son credo : rompre l’isolement, adopter les comportements empathiques et contribuer au réseau auquel on appartient. Car donner est une condition pour recevoir. Ecoutez-le lors d’une interview recueillie à Dijon en mai 2008 (en cliquant ici).

(*) Peer-to-peer ou P2P : Anglissisme repris ici pour signifier réseau d’échanges pair-à-pair. Une métaphore pour mettre en valeur la puissance potentielle de l’intelligence collective qui peut être mise à profit pour développer le business des membres du réseau GNPP.

Coffrets cadeaux : appel à commentaires

24 mars 2009

 

wonderbox-723En complément du Décryptage paru dans notre lettre du 7 mars sous le titre « Coffret-cadeau photo » qui évoquait la commercialisation d’une offre de portrait « Future et jeune maman » chez WonderBox, nous ne saurions trop vous inviter à lire l’article de Dominique Héry paru dans le n°1669 daté janvier 2009 du Photographe, lequel nous avait permis de découvrir cette offre commerciale. Il apporte des précisions supplémentaires sur l’offre évoquée et la manière dont la photographe parisienne Eloa Martinez (membre de l’UPC) l’utilise.

Depuis cet article l’offre WonderBox évolue, en se déclinant pour la fête des mères, au prix de seulement 120 euros (au lieu de 149 euros pour le coffret précédent). Du coup la rémunération nette du photographe tombe à 84 TTC soit 69 euros nets. Une proposition que les photographes sélectionnés par WonderBox auront à accepter… ou à décliner. Dans la balance, 3 000 points de distribution coffrets cadeaux en France (dont la plupart en grande distribution), qui peuvent permettre d’espérer la vente de cinq à dix portraits par mois chez les photographes partenaires… Envoyez vos commentaires et exprimez-vous dans le sondage ci-dessous. Vos contributions aideront vos collègues à faire le choix de suivre… ou pas !