Livre-photo, priorité de l’année

3 mars 2009

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(Source : Future Source 2007)

Le fait

Selon GfK, les ventes d’albums imprimés sur les sites de services en ligne ont progressées de 11 % en 2008 générant une augmentation de 39 % du chiffre d’affaires sur ce seul segment ! Preuve s’il en fallait, que les consommateurs se montrent très friands de ce mode de consultation et de partage de leurs photos. Pour leur part en 2007 selon FutureSource, les photographes professionnels anglais étaient 64 % à utiliser cette solution pour commercialiser leur travail, ou le promouvoir, contre seulement 10 % pour les professionnels français. Un retard inexplicable compte tenu de la souplesse apportée par le livre photo imprimé pour répondre aux attentes des consommateurs et générer un chiffre d’affaires complémentaire à celui de la prise de vue.

Le décryptage

Centrés sur la prestation de prise de vue sur laquelle ils se sentent dans « leur zone de confort », les photographes français se privent sans doute d’un puissant levier de croissance en négligeant les services d’impression de livre-photo à la demande. Nouveau mode de consultation des images de plus en plus banalisé (il s’en vendra 1,9 millions d’exemplaires en 2009 selon GfK), la création d’un livre fait appel pourtant à une culture très enracinée chez les photographes : raconter des histoires en images. Si le talent consacré du photographe réside avant tout dans sa capacité à concentrer une histoire dans une seule photographie, le déroulé narratif d’un livre album fait également partie de son domaine d’intervention. Accroché à la beauté formelle des tirages argentiques, les photographes peuvent faire appel à des prestataires qui prônent le contre collage de tirages (Kis PhotoBook et GraphiStudio entre autres…) sans faire l’impasse  sur les albums imprimés (sur presse numériques) puisqu’ils permettent de constituer une offre diversifiée. C’est tout le spectre de l’album photo qu’il s’agit de déployer autour de la prise de vue comme un service essentiel. Une manière certaine d’éloigner les consommateurs des écrans pour quelques minutes !


Coffret-cadeau photo

3 mars 2009

 

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Le fait

Wonderbox, n° 2 du marché des coffrets-cadeaux a créé pour la fête des mères 2008, un coffret cadeau destiné aux Futures et Jeunes mamans qui intègre une prestation de prise de vue pour un prix forfaitaire de 149 euros, au cœur d’un catalogue « Bien-être » (massages, soins de beauté, spa, etc.). La très forte progression de ce marché des coffrets-cadeaux depuis 2003 aura permis la vente en 2007 de plus de deux millions d’unités ! Les acteurs de ce marché (dominés par les deux géants, SmartBox et WonderBox) jouent le rôle d’apporteur d’affaires auprès des prestataires de services en se faisant rémunérer à hauteur de 30 % du prix public du coffret. Eloa Martinez, photographe choisie par WonderBox pour participer à cette expérience sur Paris, estime que l’intérêt principal de ce coffret-cadeau est de faire connaître au grand public la photographie de femme enceinte. Un moyen exceptionnel de fidéliser une cliente qui revient le plus souvent avec son nouveau-né…

 

Décryptage

Face à l’indigence des outils marketing pour promouvoir la photographie de portrait, comment ne pas applaudir à cette initiative de WonderBox qui, pour la première fois, donne une visibilité à cette activité en grande distribution (Monoprix, Virgin, Fnac.com…) ! Alors que de certains coffrets-cadeaux proposent depuis Noël 2008 l’achat de photo d’Art, WonderBox propose également dans les Hauts-de-Seine un coffret « Shooting classique avec bain de lumière» (75 euros) ou sur Paris un coffret « Shooting à la façon Hollywoodienne» (120 euros) . D’autres coffrets régionaux, comme celui qui fait déjà intervenir Yves Trozier (GNPP/Strasbourg) sont en cours de mise en place. Cette distribution pose plus la question du prix facial déterminé par ces entreprises 100% marketing que de celle de la rentabilité directe (105 euros seulement pour le photographe pour un portrait de femme enceinte). Il convient de se servir de ce nouveau moyen de recrutement sans que le prix bas ne s’impose comme une norme pour le grand public. Pour autant une vision positive s’impose  face à cet outil commercial naissant et prometteur.


L’Art et le sacré

3 mars 2009

 

Joshua Belle en concert

Le fait

Début janvier, « The Washington Post » dans le cadre d’une expérience sur la perception, les goûts et les priorités d’action des gens, mis à l’épreuve les usagers du métro de Washington en demandant au violoniste virtuose Joshua Bell de jouer à l’entrée de la station « Enfant Plaza » à une heure de pointe, dans l’incognito le plus complet. Il entreprit de jouer les partitions les plus difficiles jamais écrites, avec un Stradivarius d’une valeur de plus de 3,5 millions de dollars, comme le ferait n’importe quel musicien en mal d’argent. Dans l’indifférence quasi générale, il joua 45 minutes. Les enfants furent les plus intéressés par sa prestation, tous sommés par leur parent de reprendre leur progression. Personne n’a applaudi. Une seule personne l’a reconnu. Pourtant ces passants avaient tous devant eux l’un des plus grands musiciens actuels de la planète.

 

Le décryptage

Si l’habit ne fait pas le moine, le contexte ferait-il l’Art ? L’expérience semble poser la condition de la nécessaire sacralisation du contexte dans lequel les œuvres doivent être plongées pour bénéficier de la reconnaissance due à leur rang. Une condition que n’ignorent pas les organisateurs des grands événements du monde de la photographie, les architectes des galeries, et que traduisent la scénographie des accrochages ou la gestuelle précise des vendeurs d’art : ces liturgies ajoutent aux œuvres la sacralité nécessaire au statut d’œuvre. Une délicate question posée aux photographes de talent dont la virtuosité artistique ne garantit pas la consécration : réseau d’influence vers un public « éduqué », exposition dans les lieux de l’Art, publication dans les magazines, édition d’ouvrage…  les conditions de la grand’messe du marché de l’art suppose de créer les conditions du consensus du monde de l’Art autour d’une œuvre.


U2 multiplie les objets du désir

3 mars 2009

 

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Le groupe mythique U2 revient sur le devant de la scène musicale avec une approche commerciale résolument matérielle après avoir offert en téléchargement gratuit le premier morceau de leur nouvel opus « No Line On The Horizon ». L’album est décliné en CD et en vinyle selon six formats dont les prix s’étagent de 16 à 55 euros selon la pagination du livret, le format, la présence d’un DVD, d’un livre ou d’un poster…

Le décryptage

Comme en photographie, où la valeur est créé par le passage d’un état à l’autre (du numérique à l’analogique dans le cas du tirage/impression, ou l’inverse pour la prise de vue et la numérisation), le challenge du monde de la musique, — qui ne parvient pas malgré tous les efforts déployés à se protéger des téléchargements illégaux— est de créer de la valeur autour de l’expérience des consommateurs (organisation de concerts) et de la création d’objets qui rapprochent les consommateurs des artistes en s’opposant à une dématérialisation totale de leur création. Heureusement, là où les mythes subsistent, le fétichisme n’est pas loin, permettant cette incroyable déclinaison d’album. Pour le marché photo, le modèle économique reste toujours la transformation d’images en objets dont les plus communs restent les tirages. L’exemple du nouvel album de U2 avec ses six versions physiques, demande à être médité au regard des centaines d’objets photographiques qui peuvent être produits à partir d’une seule photo…