Small is beautiful

30 septembre 2011

Le photographe londonien Slinkachu a su développer un univers très singulier en mettant en scène des personnages miniatures en milieu urbain. A découvrir sur son site officiel en cliquant sur l'image ci-dessus © Slinkachu

Le fait

Le site DocNews spécialisée dans l’actualité publicitaire note en septembre une recrudescence des productions faisant appel à une esthétique « small world »  (voir l’article en cliquant ici). Les films publicitaires récents des marques DisneyLand Paris, Ben & Jerry, Brandt ou Cadburry ont tous recours à la prise de vue rapprochée et aux effets de bascule (avec un effet profondeur de champs sélective qui crée un effet de maquette miniature désormais très connu)  pour créer un monde onirique et un climat visuel enfantin.

Le décryptage

Dans les périodes de forte anxiété liée à la dégradation du niveau de vie de la pluparts des foyers, le marché publicitaire doit avoir recours à une imagerie tout à la fois rassurante (voire régressive) et empreinte de magie (celle qui permettrait de faire disparaître d’un coup de baguette notre dette et celle de la Grèce !). Pour y parvenir, changer d’angle, changer le rapport entre la taille des personnages et de leur environnement apporte une fraîcheur très efficace visuellement. Il se trouve que les moyens techniques disponibles aujourd’hui pour produire ces effets sont très accessibles, ne serait-ce par la généralisation des mode Full HD sur les reflex (associé à des  objectifs tilt-shift).  Et si les effets ne semblent pas facilement maîtrisable à la prise de vue (où si l’objectif paraît trop onéreux), Photoshop ouvre le monde magique du « Small is beautiful » moyennant un petit apprentissage (voir l’un des tutoriels pour y parvenir en cliquant ici ). Par ailleurs de  nombreux sites, dont celui de www.tiltshiftmaker.com permet de tester ces effets gratuitement. Pour trouver l’inspiration, ne pas hésiter à visiter le site du magazine new-yorkais Mad ou ceux des photographes britanniques Christopher Boffoli ou Slinkachu.


Baromètre API/Ipsos : les tendances 2011

30 septembre 2011

L'activité photographique des Français marque une pose. L'usage des reflex et des téléphones connectés progressent encore, mais faiblement.

Les chiffres du baromètre API/Ipsos 2011 ont été dévoilés en avant-première à  la deuxième édition de Photofocus*,  le 21 septembre dernier. Ce baromètre permet chaque année depuis 2002 de mesurer l’évolution des comportements photographiques des Français. Pas de rupture notable cette année en matière de pratiques, mais des évolutions qui confirment les tendances qui se dessinent depuis plusieurs années, notamment en matière de partage des images sur les réseaux sociaux. A retenir donc pour 2011 :

- L’envie de photographier, toujours maintenue au plus haut niveau : le nombre de prises par les reflex (1 934 photos/an) et les smartphones (394 photos/an)  progresse faiblement. Après un bond de 50 % du nombre de photos prises avec les téléphones en 2010, le chiffre reste stable cette année. Par contre l’activité des compacts et des bridges marque le pas (- 15 % ).

- Le partage des photos devient massivement dématérialisé : plus d’un tiers des pratiquants et plus deux tiers des lycéens font appel à Internet pour échanger leurs photo ; 22 % des lycéens partagent même plus de la moitié de leurs photos sur les sites communautaires.

- Une pratique de plus en plus quotidienne : 16 % des Français qui photographient en numérique utilisent leur téléphone quotidiennement pour faire des photos ; ils ne sont que 6 % de possesseurs de reflex à en faire un usage quotidien.

- Le désir d’exposition de soi toujours plus fort : pour 24 % des pratiquants les raisons de prendre des photos sont motivées par le désir d’alimenter un site Internet, un blog ou un réseau social. La photo lors d’événements publics (fêtes, festivals, concerts, compétitions sportives…) progresse prouvant que leurs auteurs en attendent une gratification sociale forte sur les réseaux sociaux.

- Un monde « virtuel » en voie d’assimilation: le nombre de pratiquants ayant confiance dans les sites de stockage et de partage reste minoritaire (23 %), mais leur poids augmente sensiblement, notamment chez les lycéens et étudiants, les célibataires et les parents sans enfants.

- La personnalisation, voie incontournable de l’après-prise de vue : un pratiquant sur deux de photo numérique déclare retoucher ses photos en 2011, tandis que les albums personnalisés font l’objet d’un véritable engouement (+ 15 % d’adeptes en trois ans).

- Plus sélectif, le désir de photos sur papier ne faiblit pas : l’impression personnelle continue de progresser chez les parents et les célibataires actifs, tandis que le développement chez les professionnels  progresse chez les lycéens et les parents.

Globalement donc, pas de grande révolution, mais une confirmation que les dispositifs de prise de vue coexistent  et que les arbitrages des consommateurs/pratiquants sont de plus en plus éclairés tant en termes de choix de l’équipement de prise de vue que de choix de service photo et de partage utilisés.

(*) Organisé par le Sipec (Syndicat des entreprises de l’image de la photo et de la communication), Photofocus réunit chaque année les dirigeants du secteur pour une soirée de réflexion autour des enjeux du secteur photo.


Le boom de la photographie mondiale

30 septembre 2011

Evaluation de l'évolution du nombre de photos prises dans le monde depuis les origines de la photographie (1826), selon le site 1000memories.com : le chiffre de 375 milliards de photos prises en 2011 pourrait être réévalué à 500 voire 700 milliards selon d'autres estimations.

Le fait

L’excellent blog du site www.1000 memories.com s’est livré à une évaluation du nombre de photos prise depuis 1826 (date de l’invention de Nicéphore Nièpce) en se basant sur la production mondiale de films photo argentiques au cours du siècle dernier, les archives de Kodak ayant été mises à contribution pour ce calcul. En l’an 2000 —pic de la consommation de films argentique dans le monde—, l’activité photographique est évaluée à quelques 85 milliards d’images. Depuis, le mouvement s’est accéléré (voir graphique ci-dessus) et si le nombre de photographies produites sur films argentiques décline (se limitant à seulement quatre milliards d’unités en 2011), le site estime aujourd’hui que près de 380 milliards de photos seront prises cette année dans le monde.

(*) Notre estimation mondiale 2000 publiée le 29 avril 2011 sous le titre « Bientôt 100 milliards de photos sur Facebook ! » aboutissait à 81 milliards de tirages produits en l’an 2000.

Le décryptage

Les usages photographiques conservent le registre de la mémoire pour gagner celui de la conversation. Une constatation qui n’est pas nouvelle mais se traduit dans les chiffres par des progressions spectaculaires. L’accélération est phénoménale dans le monde (notamment avec l’adoption de la photo numérique par les pays émergeants), même si en France nous sommes déjà parvenu à un palier d’activité comme le baromètre API/Ipsos l’a démontré récemment. D’ailleurs, sans surprise, ce dernier met en évidence une progression du nombre de photos transmises sur les réseaux sociaux et de partage, comme autant de vecteurs de communication instantanés.

Le nombre de photographies stockées sur les serveurs de Facebook dépasse de loin toutes les prévisions : de 90 milliards fin janvier 2011, leur nombre pourrait dépasser les 170 milliards en fin d'année. A côté la volumétrie des autres sites de partage est insignifiante.

Symbole de cette accélération, les chiffres de Facebook que nous publions régulièrement ici et sur lesquels nous nous devons de revenir périodiquement pour les remettre à jour : ainsi annoncions-nous en février la présence de  600 millions de membres sur Facebook ;  ils sont 800 millions en septembre ! Le mouvement, toute proportion gardée, est aussi profond que celui qui a marqué l’évolution des pratiques argentiques au cours des cinquante dernières années du XXème siècle : par exemple en 1960, 55 % des photos réalisées ne représentaient-elles pas des bébés (source Kodak citée par 1000 memories) ? Dix années plus tard, en s’ouvrant aux voyages et aux vacances, les amateurs des années 70 ne photographiaient plus seulement leur progéniture, mais leur ascension sociale et les moments gratifiants de leur vie familiale. Avec les année 80 le marché s’ouvrit à la création individuelle de masse, que  le boom des reflex encouragera. Aujourd’hui, avec la photo conversationnelle qui fait exploser les chiffres, nous vivons en accéléré (moins de cinq ans !) une mutation des paradigmes qui pilotaient jusqu’aux années 2000 l’activité photo grand public.


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