
Ancienne cabine identité argentique délivrant des bandes de quatre photos noir et blanc (ici au Palais de Tokyo à Paris). Les ados ne peuvent résister !
La photographie archaïque pour les plus de 40 ans, ce sont les procédés au collodion humide, sur papier salé ou encore l’ambrotype. Pour les Digital Natives, ce sont les appareils argentiques et le Tri-X. La décennie qui commence verra l’arrêt de la production industrielle des supports argentiques encore en usage aujourd’hui, mais verra simultanément un besoin de redécouverte des fondamentaux de la photographie. Une niche devrait donc se créer autour de ces procédés argentiques plus que centenaires et considérés au mieux comme pittoresques pour les digital natives d’aujourd’hui. La reprise de la production des films Instantanés Impossible Project fin 2009 et la vitalité de la marque Lomography attestent de ce besoin de retour aux sources. La magie de la chambre noire, le déclenchement réfléchi, l’impossibilité de retoucher systématiquement les images, l’aspect vintage, les vertus pédagogiques de la matérialité, tout concourt à une remise en selle anachronique d’une photo déjà lointaine aux yeux de nos enfants… mais dont il est encore possible de partager les meilleurs côtés. Comme les platines vinyles d’aujourd’hui réédités à prix d’or, le revival des agrandisseurs et des cuvettes restera une niche. Mais ceux qui transmettront leur savoir faire sont certains d’avoir l’écoute attentive des jeunes générations.
